lundi 19 avril 2010

"Mot Dit" du jour (6)

« Il y a des effets paradoxals (sic). Comme procureur, j'étais respectée, j'obtenais des résultats et les juges me disaient que mon accent attirait l'attention et faisait que l'écoute était meilleure. »

(Eva Joly, Liberation.fr, 19/04/2010)


Le bal des prétendants pour le poste de Président de la République est décidément en ouverture continuelle. Aujourd’hui, c’est Eva Joly qui s’est positionnée pour la prochaine élection présidentielle. En effet, l’ancienne magistrate « anticorruption » se verrait bien en chef de file du groupe « Europe Ecologie » en 2012. Au cours d’une interview sur France Inter, l’eurodéputée franco-norvégienne a répondu sur l’éventuel handicap que serait son accent dans une campagne…

Paradoxalement, on n’ira pas jusqu’à dire que Mme Joly a fait exprès de faire une faute d’accord pour que les médias mettent l’accent sur sa déclaration d’intention en vue de 2012 ! Une faute somme toute singulière d’ailleurs. Après tout, en cas de qualification au 2nd tour, le duel devient lui-même un combat…singulier !

User de l’accent est plutôt signe d’une communication de qualité. En fonction des circonstances de campagne, le candidat doit, en effet, adopter des accents de conviction, de vérité, de sincérité, de colère, de triomphe voire de passion ! Des accents pluriels donc.

Autre exemple : la solennité d’une situation impose, parfois, dans le discours de l’homme politique une certaine mesure. Dans ce cas, le recours à l’accent grave apparaît comme judicieux.

Plus qu’un handicap, l’accent est en fait un véritable trait d’union de communication entre le candidat et les électeurs. Celui ou celle qui possède un accent prononcé n’est donc pas pour autant un étranger dans son propre pays ! Le cas échant, les français entendront le discours de la candidate Eva Joly. Mauvais accent ou pas. Et cette fois-ci, ce seront eux les seuls juges…

De toute façon, avoir un accent du Nord, c’est encore tendance, hein ?

dimanche 18 avril 2010

"Mot Dit" du jour (5)

«Vous me connaissez, ce n'est pas la première fois que je jette une bouteille. C'est malvenu, je le reconnais. Je regrette mon geste qui est stupide. Mais c'est la rage. Quand vous voyez votre équipe perdre après ce qu'elle a fait, c'est dur.»

(Guy Lacombe, L’Equipe.fr, 18/04/2010, après le match Lille-Monaco : 4-0)


Ainsi donc, la colère de l’entraîneur de l’AS Monaco a une drôle de manière de se matérialiser. Eh oui, elle a un sérieux penchant pour la bouteille ! Avec effet d’addiction car « ce n’est pas la première fois ». Un jet de bouteille que n’a pas apprécié l’arbitre du match, M. Duhamel. Peu porté sur la bouteille, il a, en revanche, vu rouge ! Et Guy Lacombe d'aller cuver sa colère en tribune toute la deuxième mi-temps…

Pourtant, l’entraîneur monégasque n’est pas novice dans le milieu, il a même de la bouteille, si l’on peut dire ! Mais à chaque décision arbitrale contestable dans le football d’aujourd’hui, c’est la bouteille à l’encre sur les bancs de touche ! Et les entraîneurs ne se gênent plus pour crier rage à l’homme en noir… Ou au quatrième arbitre, chargé, entre autres, de ramener le calme au bord du terrain. De toute façon, l’arbitrage, c’est un débat qui fait rage chaque week-end…

Guy Lacombe n’a peur de rien : comme excuse, il invoque lui-même la rage…de vaincre ! Avec ce mea culpa, il jette une bouteille à la mer auprès de la Commission de Discipline de la FFF*. Car il craint les conséquences de son geste de colère : une suspension de banc qui le priverait d'une finale de Coupe de France que Monaco va disputer le 1er mai prochain. Une suspension qui l’enverrait dans les tribunes du Stade de France plus exactement. En espérant que cette finale soit vierge de toute polémique arbitrale : « Et si l’arbitre avait sifflé ceci… », « Et s’il avait vu cela »… Comme le dit l'adage, avec des si on mettrait Paris en bouteille. Guy Lacombe, lui, se contenterait bien d’en déboucher, des bouteilles de champagne, pour fêter la victoire contre...Paris !

Alors, serait-on tenté de dire au coach moustachu du Club du Rocher : n’en jetez plus (de bouteilles), M. Lacombe, la coupe (de France) est pleine !


* FFF : Fédération Française de Football

vendredi 16 avril 2010

"Mot Dit" du jour (4)

«Marine Le Pen, Sarkozy, Borloo, Villepin, Bayrou. Ca fait du monde du centre à la droite et on peut se retrouver avec un 21 avril à l'envers : Martine Aubry contre Marine Le Pen.»
(Daniel Cohn-Bendit, Liberation.fr, 16/042010)


Au cours de son interview, aujourd'hui, sur France 2, Daniel Cohn-Bendit a eu la formule facile à l’endroit de Nicolas Sarkozy et de l’échéance de 2012.

Le « 21 avril à l’envers » est une expression qui a son petit succès dans le monde politico-médiatique. Elle est souvent reprise pour alarmer ou prévenir un éventuel imbroglio électoral en référence, bien sûr, au 21 avril 2002 qui vit Jean-Marie Le Pen (FN) éliminer Lionel Jospin (PS) au 1er tour de l’élection présidentielle.

Galant, le chef de file d’Europe Ecologie a mis le genre de cette expression à l’envers : Jacques et Jean-Marie deviennent Martine et Marine. A l’entre-deux tours, le débat télévisuel devrait prouver qu’il n’y a pas qu’une seule lettre de différences entre elles mais, à l’instar de la rencontre entre Jacques et Jean-Marie en 1988, peut-être discuteront-elles avant dans un salon de…« t » ? Une nouvelle rencontre dans un endroit tenu secret pour ne pas montrer l’envers du décor de la politique…

Dans ce même entre-deux tours, le probable candidat Cohn-Bendit se mettra sans doute à l’envers pour la Dame des 35 heures en appelant à voter pour elle. En vert et contre tout, bien sûr ! Et comme l’envers vaut l’endroit, Martine fera, par conséquent, 82% au 2nd tour !

Ce qui est amusant avec la formule de « Dany », ce n’est pas uniquement l’effet de manche qu’elle peut ou va produire mais surtout l’effet de miroir que son sens littéral produit ! Eh oui, un « 21 avril à l’envers », ça donne au niveau calendaire un…19 septembre !* Mais, au fait, dites-moi, il n’y a jamais d’élection en septembre ? Nous voilà rassurés ! C'est sympa, c’est le monde à l’envers !

*le 21 avril est le 111ème jour de l’année. En comptabilisant de manière décroissante (à partir du 31 décembre), le 111ème jour de l’année tombe un 19 septembre ! C.Q.F.D. !

jeudi 15 avril 2010

Ainsi Front, Front, Front, les petites marionnettes...

A Hénin-Beaumont, le dernier Conseil Municipal* avait sonné le glas du "pacte" de non-agression entre Front National et Alliance Républicaine. Officiellement, une nouvelle donne politique était entrouverte. Le C.M. d'hier a enfoncé encore un peu plus une porte ouverte de confirmation...


Le dernier C.M. avait été éprouvant pour la majorité municipale qui s'était attirée, à plusieurs reprises, les foudres de l'opposition frontiste. Daniel Duquenne répondant toujours aux abonnés absents, le ticket Binaisse-Bouquillon allait-il entrevoir, cette fois-ci, une éclaircie ? Pas vraiment. Après avoir respecté une minute de silence en hommage au président polonais, décédé tragiquement la semaine dernière, le chef de fil de l'opposition, Steeve Briois, se plaint d'entrée de recevoir trop tardivement les documents à analyser en Conseil Municipal. "M. Bouquillon l'avait pourtant promis, il y a 8 mois !" Il invoque en ce sens le "droit des élus à travailler leurs dossiers". La première délibération, portant sur la création d'un Comité Consultatif des Sports, n'est pas suivie favorablement par l'opposition qui préfère s'abstenir au motif que cette décision n'est pas "opportune" et qu'elle n'est "ni pratique, ni viable". L'ambiance dans les salons d'honneur de l'Hôtel de Ville, où se tient le C.M., est calme, presque ennuyeuse. Mais l'intervention de Georges Bouquillon sur la revalorisation des indemnités des élus va mettre le feu aux poudres...

Une "guerre" des chiffres où personne ne ressort indemne...

Jusque-là sage comme une image, Marine Le Pen se réveille et réveille en même temps le nombreux public présent. Simplifiant le discours confus (et gêné ?) du 3ème Adjoint sur le sujet, la médiatique Conseillère Municipale n'y va pas avec le dos de la cuiller pour exprimer sa colère. "Moins vous vous bougez, plus vous vous augmentez ! C'est le clou du scandale, une augmentation de 25% des indemnités du Maire ! Et rétroactive, en plus ! C'est moralement scandaleux alors que vous avez demandé des sacrifices aux habitants !". Se positionnant en "Hercule Poirot" de la politique locale, Marine Le Pen va même jusqu'à comparer ce manque de transparence aux méthodes des "patrons voyous". Le Maire, Daniel Duquenne, en prend pour son grade. Et l'opposition frontiste de rappeler que le Maire a été aperçu récemment par la population héninoise en train de distribuer des tracts appelant à voter Percheron ou en train de "guincher" à une réception de l'association du Temps de Vivre. "C'est un signe de lâcheté politique de ne pas être présent ce soir !", martèle Marine le Pen, évoquant un "Maire-fantôme".
La majorité tente bien de se défendre et réfute, comme elle le peut, les raccourcis frontistes. "Mais si c'est n'importe quoi, il faut donner les chiffres !", lance un Steeve Briois, pour le moins remonté. S'en suivent une cacophonie générale et des joutes verbales sur la fausseté ou non de chiffres avancés par telle ou telle partie ! "Les miens [les chiffres] sont bons !", s'exclame Steeve Briois, ce à quoi le 1er Adjoint répond par "les miens sont meilleurs que les vôtres !"... Le public ne reste pas de marbre et murmure alors son agacement. Peinant à calmer l'opposition, Eugène Binaisse rappelle pourtant l'assistance à son "devoir de réserve".

Commedia dell'Hénin-Beaumont !

Le ton devient particulièrement animé, presque belliqueux. Et là, coup de théâtre : Steeve Briois ne se contente plus de répliques. A la consternation générale, il se ridiculise en acte : il se lève et se dirige, au pas de charge, vers Eugène Binaisse, brandissant bien haut sa feuille d'indemnités (?) ! Un rebondissement inattendu du plus bel effet...comique ! Marine Le Pen renchérit : "Vous avez beaucoup de choses à apprendre M. Binaisse ! On fait plus de travail que vous êtes capable d'en faire !". Assommé, K.O. "assis", la majorité autorise une suspension de séance de dix minutes. Fin du premier acte. Courtois jusqu'au-boutiste, le 1er Adjoint rappelle aux élus F.N. la possibilité qu'ils ont de s'entretenir dans une salle annexe. A la fin de l'entracte, il interroge même : "Le temps vous a-t-il été suffisant, M. Briois ?"
Le "débat" sur les indemnités du Maire reprend dans un calme relatif. La bataille de chiffres continue de plus belle. Avec des montants d'indemnités perçus par le Maire qui se différencient du simple au double : 4066euros selon le F.N. contre 2008,43 euros selon le 3ème Adjoint ! Pour contrer l'argumentation des frontistes, Georges Bouquillon rétorque par une diatribe chevaleresque. "Je vous lance un défi ! Je vous fais la photocopie de la prochaine fiche d'indemnité de M. Duquenne et je vous l'envoie !" Sceptique, Steeve Briois conclut ce débat par un "De toute façon, qu'est-ce qui justifie ces indemnités ?"...
En plus de la comédie "théâtralo-politique", le public a même eu droit, plus tard, à un spectacle son et lumière avec la défectuosité des micros de l'opposition qui scintillèrent, en rouge et noir, à la pénombre du soleil couchant.

Vote du Budget Primitif, dernier calvaire de la séance

Le vote du Budget Primitif 2010 aura marqué véritablement le deuxième acte de ce Conseil Municipal. Sans surprise, l'opposition trouve ce "budget proposé décevant à bien des égards." Steeve Briois a la dent dure sur ce "budget aux desideratas de la C.R.C." qui signe "un arrêt de mort de la commune" et qui est une "véritable mascarade". Un budget qui serait même du "sous-Dalongeville" selon le même Conseiller municipal frontiste. Eugène Binaisse n'a pas apprécié cette allusion. "Me comparer à ce qu'il se passait avant, je n'aime pas trop !" Marine Le Pen va encore plus loin dans sa critique de gestion à la botte du préfet. "C'est comme un escargot en temps de canicule au fond de sa coquille, en ne bougeant pas ! Et quand on ne bouge pas, on est mort !"
La majorité encaisse et a bien du mal à exister sur le plan du verbe mais encore sur le plan de l'argumentation. Fort à propos, Georges Bouquillon tente de mettre le F.N. face à ses propres incohérences programmatiques, en particulier sur le sujet des départs en retraite. Mais Marine Le Pen ne laisse rien passer et renvoie le 3ème Adjoint dans les cordes. "Vous avez un culot, vous avez un aplomb ! Vos bas instincts étaient donc refoulés !", s'amuse-t-elle. La pièce de théâtre se termine. Sans surprise, le Front National a tenu le premier rôle, l'Alliance Républicaine a fait, bien malgré elle, de la figuration.

Un procès public en incompétence ?

Tout au long de ce Conseil Municipal, le Front National a mis la majorité municipale face à ses propres carences. Et n'a pas hésité à leur faire un procès public en incompétence. L'opposition a fustigé le manque d'informations sur les suites de l'Affaire Dalongeville ou sur les dossiers qui n'avancent pas, comme celui de Dexia. Elle mentionna de nouveau "l'immobilisme" de la majorité, "l'amateurisme habituel" et surtout les promesses non tenues du programme municipal de l'Alliance Républicaine (transparence et baisse de 50% des indemnités des élus, notamment). "On doit vous rappeler de tenir vos promesses !", déclara même, narquois, Steeve Briois.
Plus embêtant, les erreurs "administratives" qui ont émaillé ce conseil et que les élus du Front National se sont empressés de faire remarquer. "Allez voir le code [des Collectivités Territoriales], ça vous permettra de diriger une collectivité correctement !", critiqua Marine Le Pen. Mais L'exemple le plus frappant est sans conteste le vote du Budget Primitif (B.P.). "Autant faire les choses biens pour éviter d'avoir un truc retoqué par la C.R.C. !", balança Steeve Briois avant même l'analyse de ce Budget Primitif. Alors qu'Eugène Binaisse s'apprête à passer au vote global de ce Budget, l'opposition frontiste le reprend de volée sur le fait que le vote du B.P. se réalise par article et que cela a été imposé par la C.R.C.! Le public osa à peine en rire...

Ainsi, ce long C.M. a prouvé, une fois de plus, que les ficelles politiques héninoises étaient tirées autant sur la forme que sur le fond par la seule opposition du Front National. A ce rythme-là, ne va-t-on pas assister régulièrement jusqu'en 2014 à un triste spectacle de marionnettes ?...


Par Pierre Leduc



*samedi 27 mars 2010

mardi 13 avril 2010

"Mot Dit" du jour (3)

La leçon, c'est qu'ils doivent être intelligents et dépasser leur ego pour penser que c'est l'équipe qui compte, pas eux. S'ils n'ont pas compris ça, je mettrai des coups de fusil !

(Raymond Domenech - L'Equipe - 13/04/2010)


Et pan sur le bec !
Après une période de silence, Raymond Domenech, cet "homo-communicatus", est revenu sur le devant de la scène médiatique. La Coupe du Monde, il est vrai, débute dans moins de deux mois et "Raymond" doit lâcher sa liste le 11 mai prochain.

Jusque-là, Domenech a toujours protégé ses joueurs. Avec cette sortie dans L'Equipe, il a en quelque sorte changé son fusil d'épaule ! Place à la menace et à la psychologie à six balles !
Sentant que certains joueurs mettent le feu aux poudres, le sélectionneur controversé a quand même été dur à la détente. Il s'est donc chargé, aujourd'hui, de rappeler à l'ordre certains de ses cadres. A coups de canon.

Pourtant, avec tous les blessés que compte actuellement l'Equipe de France, n'est-il pas dangereux de tirer sur l'ambulance ?!
A travers ces déclarations, Raymond souhaite, sans doute, que ses joueurs vont partir en Afrique du Sud la fleur au...fusil !

En tout cas, jusqu'à la fin de la Coupe du Monde, les Bleus ne pourront opposer aux coups de fusil du sélectionneur que leurs yeux. Leurs yeux revolver !