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dimanche 5 septembre 2010

Une mobilisation manifeste pour « la République en danger » à Hénin-Beaumont !

Ce samedi 4 septembre 2010, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) avait appelé à une manifestation nationale contre la xénophobie et la politique du pilori. Une date symbolique puisqu’elle correspond au 140ème anniversaire de la IIIème République qui avait adopté officiellement le triptyque de notre devise républicaine. Pour le Pas-de-Calais, ce sont les rues d’Hénin-Beaumont qui ont été, ô symbole, choisies pour organiser une marche citoyenne afin de dire non au nouveau virage sécuritaire entamé, cet été, par le gouvernement Sarkozy.

A chaque descente des français dans la rue, ce n’est pas tant l’objet de la manifestation qui compte le plus mais bien la capacité de mobilisation de forces vives qui atteste de la réussite ou de l’échec du mouvement. Si le défilé héninois se déroula sans le moindre souci
« sécuritaire », la bataille des chiffres, elle, a encore fait rage. 500 personnes selon La Voix du Nord, plus de 700 selon les organisateurs, le nombre réel de manifestants se situant à l’évidence entre les deux. Pour une manifestation qui avait réuni 50 organisations signataires auprès de la LDH, d’aucuns se gargariseront d’établir une moyenne par organisation peu flatteuse. Une fraction certes facile mais néanmoins trompeuse : point de division, Hénin-Beaumont a reçu, une fois n’est pas toujours coutume, une réunion unitaire ! Rassembler à Hénin-Beaumont n’est jamais un pari gagné d’avance, qui plus est au cours d’un week-end ensoleillé et concurrencé, excusez du peu, par la traditionnelle Braderie de Lille.


Chacun se fera une idée sur le nombre de manifestants mais la Place de la République était en tout cas copieusement et entièrement garnie.


Au-delà de la présence de représentants départementaux de tous les partis de gauche jusqu’au Modem, sans oublier celle de nombreux élus du secteur, c’est surtout la composition de la tête du cortège qui aura marqué les esprits ! Retrouver les fers de lance de l’association du Nouvel Elan (pour Hénin-Beaumont) sur la même ligne, de conduite, qu’Eugène Binaisse, Maire de la commune accueillante, fut une image forte en symbolique dans une cité où le Front National est électoralement très prégnant et où les querelles entre « Républicains » semblent éternelles. Alors, unité de façade ou volonté de rapprochement entre les meilleurs ennemis de la scène politique héninoise ? Affaire à suivre... D’ailleurs, les organisateurs de la manifestation départementale n’avaient pas caché que le rassemblement héninois était non seulement un moyen de dénoncer la politique sécuritaire du gouvernement, accusé de répression et de xénophobie en particulier envers les « Roms », mais aussi d’exprimer la désapprobation des idées d’extrême droite qui gagnent du terrain sur le territoire de l’ex-Bassin Minier. D’où des slogans assimilateurs tels que « Sarko, Le Pen/Même combat/Le racisme d’Etat/On n’en veut pas ! ». Les intéressés locaux apprécieront sans doute modérément.

Nouvel Elan et Alliance Républicaine sur la même ligne politique ?


Après la démonstration tranquille dans le centre-ville d’Hénin-Beaumont, le cortège se réunit sur les marches de l’Hôtel de Ville où Alain Pruvot, notamment, prit la parole. Ce dernier rappela que le sens de cette manifestation nationale était « d’infliger un carton rouge à Nicolas Sarkozy et à ses ministres qui ont franchi la ligne jaune » au cours de « l’été de la honte » avec cette politique anti-Roms « condamnée par des organisations internationales au niveau de l’Union Européenne et de l’ONU ! ». Et le Délégué local de la LDH d’aller plus loin : « Aucun Président de la République n’a violé les bases élémentaires de la République, c’est une première depuis Vichy ! ». Ou de conclure que la politique de
« la rupture n’est qu’un reniement des droits de l’Homme » ! Du carton rouge au « Chiffon Rouge », il n’y a qu’un pas que les organisateurs ont décidé de franchir en chanson en reprenant, pour clore le rassemblement, le titre de Michel Fugain. Quoi qu’il en soit, la politique du pilori du gouvernement Sarkozy n’est pas près de clouer le bec aux défenseurs des valeurs de la République !

Par Pierre Leduc

vendredi 16 juillet 2010

Petites foires d’empoigne verbales, grandes usines à gaz politiques !

Hier soir, le Conseil Municipal d’Hénin-Beaumont sentait bon la trêve estivale. Les délibérations successives ont été entrebâillées de foires d’empoigne à la fois habituelles et non constructives. Alors, toujours rien de nouveau sous le soleil héninois ?

Il y a encore et toujours un problème de vacance à Hénin-Beaumont ! Quand ce n’est pas la vacance, judiciaire ou médicale, du pouvoir, c’est la période estivale des vacances des élus qui pose problème. En effet, le Maire, Eugène Binaisse et son Premier Adjoint, Georges Bouquillon, ont eu la bonne idée de prendre leurs congés…au même moment. Mais pas au même endroit, faut-il le préciser. Il fallut donc délibérer sur les suppléants des deux têtes de liste de l’exécutif héninois. Ainsi, dans l’ordre du tableau des élus, ce sont respectivement Caroline Troy, Adjointe à la Culture, puis René Delesalle, Adjoint à l’Urbanisme, qui se succéderont pour diriger les affaires courantes de la Ville. Un faux jeu de chaises musicales qui n’a guère plu à l’opposition du Front National, qui fustigea le « problème de gouvernance et d’organisation de cette Mairie ». En vertu de quoi, l’opposition frontiste choisit de voter contre cette délibération. Laurent Brice s’interrogea même : « A quoi sert un Premier Adjoint s’il prend ses vacances en même temps que le Maire ? ». Silence radio dans la majorité. Après tout, les relations entre Eugène Binaisse et Georges Bouquillon vont peut-être devenir le nouveau tube de l’été…

Les absents ont décidément toujours tort…

Les absences, entre autres, de Georges Bouquillon et de Marine Le Pen, figures de proue de la majorité « AR » et de l’opposition « FN », furent très remarquées hier. Les oreilles du Premier Adjoint on d’ailleurs dû siffler quand un Laurent Brice remonté reprocha l’arrêt des conférences des présidents de groupe ainsi que le problème, récurrent, du déroulement des conseils municipaux et de la gouvernance générale. Et le conseiller municipal du FN de rappeler que Georges Bouquillon avait déclaré vouloir favoriser « le jeu de la démocratie » après la victoire de l'AR lors des dernière municipales partielles (juillet 2009). Autre absent forcé qui a dû avoir les oreilles qui sifflent : l’ancien Maire démissionnaire, Daniel Duquenne. Sur une délibération portant sur une affaire ancienne d’acquisition d’un immeuble, Steeve Briois, rappela que ladite délibération allait à contre-sens, selon lui, de ce que défendait à l’époque Daniel Duquenne ainsi que César Kryszowski, ancien membre de l’Alliance Républicaine. Le chef de file du FN à Hénin-Beaumont ajouta : « Vous allez à l’encontre des gens qui vous ont fait rois, je m’en inquiète ! ». Il faut dire qu’à la prise de parole de Steeve Briois avait précédé un énigmatique « Les géniteurs [de cette affaire] sont dans la nature, ils ne sont pas toujours connus ! » de la part de René Delesalle. Une intervention qui laissa pantois l’ensemble de l’auditoire présent hier dans les salons d’honneur de l’Hôtel de Ville…

Un satisfecit généralisé

Ce Conseil Municipal fut encore une occasion pour le premier magistrat d’Hénin-Beaumont de se complaire des conclusions du nouveau rapport de la Chambre Régionale des Comptes (1) qui vient de paraître. Ce dernier reconnaitrait, selon Eugène Binaisse, les efforts consentis par la municipalité en matière d’économie et de respect du plan de rétablissement des finances locales. De plus, le Maire se félicita que la C.R.C. déclara recevable le Compte Administratif 2009 et que la majorité avait réalisé l’équivalent de deux années comptables d’économie, soit 7 millions d’euros au lieu des 3 millions préconisés en un an par cette même C.R.C.. En dépit des conseils de poursuite des efforts d’économie en matière de budget de fonctionnement, de dépenses de personnel ou d’amélioration de la fiabilité – encore défaillante - de sa partie comptable, Eugène Binaisse pavoisa. « Nous nous satisfaisons, nous cadres et élus, de ce rapport qui nous est favorable ! » Ce à quoi Steeve Briois ne se priva pas de contester cette autosatisfaction. L’élu frontiste protesta contre « ce choix de la capitulation, de la soumission au préfet » et récusa ce « choix néfaste » d’économie de 7 millions d’euros qui empêche tout investissement pour faire évoluer
« l’état de la commune qui est en train de mourir ». Et l’opposant frontiste d’énumérer une longue litanie de choses qui manquent à Hénin-Beaumont... Bref, pour le Front National,
« l’action tardive » de la majorité s’apparenterait à un « régime « Weight watcherien » : on perd beaucoup la première année et on en reprend beaucoup les années suivantes ! » Le premier édile d’Hénin-Beaumont conclut fort à propos sur le sujet : « Je suis d’accord avec tout ce que vous dites, M. Briois. Mais chiffrez-nous tout ce que vous souhaitez, et que par ailleurs, vous promettez aux électeurs. Vous nous annoncez toujours un catalogue récurrent mais vous ne le justifiez jamais ! » Mais en matière de satisfecit stérile, l’opposition frontiste ne fut pas en reste et répéta à plusieurs reprises le caractère capital de sa présence. En toute logique. « Depuis que nous ne sommes plus dans les commissions, elles ne se réunissent plus, ça veut dire que nous sommes indispensables ! » Ainsi donc, tout le monde il est beau, tout le monde il est content au Conseil Municipal. Mais la ville d'Hénin-Beaumont, elle, va-t-elle mieux ?

Crise de régimes à Hénin-Beaumont ?

Dans ses discours d’opposition, le Front National assimile, très régulièrement, la majorité à un ou des régimes politiques honnis par le parti d’extrême droite. Le soviétisme en premier lieu. Et ça n’a pas manqué hier car Laurent Brice lança que la majorité aurait une
« organisation parfois soviétique ». La monarchie en deuxième lieu. Et ça, c’est nouveau dans le vocable frontiste. Le même Laurent Brice rappela une phrase prononcée le 14 juillet par Eugène Binaisse, « La monarchie et les privilèges ont été abolis », sous-entendant par conséquent que le Maire se comporte comme un monarque. Quand Eugène Binaisse parla de « manants (2) » pour désigner les supporters bruyants du Front National dans le public, Steeve Briois osa un ironique « Bien sûr, mon bon roi ! » du plus bel effet ! Alors, soviétique ou monarchique, le « régime Binaisse » ? Steeve Briois trancha dans le vif et opta pour la première proposition en pleine discussion sur la délibération du Projet Local Sportif (PLS). « C’est la Stasi, M. Ceaucescu ! (sic) Vous coupez la parole aux opposants ! ». Hénin-Beaumont souffrirait-il d’une crise de régime ? Un régime de foi(e) en l’homme politique local, certainement. De joutes verbales en foires d’empoigne lors des conseils municipaux, la politique à Hénin-Beaumont reste toujours une grande usine à gaz. Certains sujets, notamment les questions orales demandées par Steeve Briois (référendum sur le tracé du tramway et politique de sécurité de la commune, en particulier), étant reportés au prochain conseil municipal, on ne s’étonnera pas que la rentrée politique héninoise ne soit pas moins chaude que les vacances estivales !

PL


(1) Un rapport rendu public aujourd’hui.
(2) Sans doute dans le sens « mal élevés ».

jeudi 1 juillet 2010

Une seule Marine Le Pen vous manque, et tout le C.M. est dépeuplé !

Ça sentait bon les vacances, hier, au Conseil Municipal (C.M.) d’Hénin-Beaumont ! Absence de Marine Le Pen, auditoire clairsemé, l’ambiance était, une fois n’est pas coutume, relativement détendue dans les Salons d’Honneur de l’Hôtel de Ville. Compte-rendu.


Pour son premier Conseil Municipal présidé officiellement en tant que premier magistrat d’Hénin-Beaumont, Eugène Binaisse n’a pas eu le droit à un bizutage en bonne et due forme ! Quoique. Si ce Conseil n’a pas offert, cette fois-ci, un spectacle tragi-comique consternant, il a confirmé certains états de fait dans les relations entre la majorité de l’Alliance Républicaine et l’opposition du Front National. Première constatation : même en l’absence de Marine Le Pen, l’opposition frontiste ne cessa de mener le bal . Quand Steeve Briois, conseiller municipal frontiste, proposa, d’entrée, le vote d’une « motion d’urgence », imprévue, sur l’implantation d’une troisième gare TGV dans la Région sur le site de Sainte-Henriette, le Maire acquiesça sans coup férir, en provoquant une suspension de séance de dix minutes. Le temps de la réflexion passé, le groupe majoritaire vota à l’unanimité cette motion dont d’aucuns s’interrogeront sur le caractère « urgent » de cette dernière. Un exemple, parmi d'autres, d’une entente cordiale désormais assumée et vécue au grand jour. Plus grave fut la leçon donnée par ce même Steeve Briois concernant l’absence de débat sur le rapport d’activité des services (pour l’année 2009) ! Un rapport qui, selon l’ex-tête de liste FN aux dernières Municipales, n’était pas prêt la veille de ce Conseil ! Après la litanie des éléments que Steeve Briois aurait voulu voir figurer dans ce rapport, le Maire répondit tout de go : « Ce que vous avez dit, j’aurais pu le dire, M. Briois. Vous voyez, nous sommes dans la même mouvance. » Vous avez dit « entente cordiale » ?

Des commerçants qui s’impatientent, des élus FN qui se lamentent

S’il y avait bien un sujet qui avait matière à polémique au sein de l’assemblée, c’était bien celui sur la modalité d’application de la taxe locale sur la publicité extérieure (TLPE) des commerces de proximité. Surprise dans l’auditoire, où avaient pris place certains représentants des commerçants de la Ville, Eugène Binaisse annonça de suite le retrait de cette modalité. Ou plutôt son report. « Nous sommes conscients de la difficulté des commerces du centre-ville. En conséquence, nous avons jugé plus sage de rediscuter de cela en 2012 avec la Chambre de Commerce et d’Industrie. » Agacés, les quelques représentants du commerce héninois quittèrent un Conseil qui ne les concernait plus après ce volte-face. En fait, ce C.M. ne fut pas si tranquille que cela pour la majorité. Les élus frontistes se lamentèrent sur certains points techniques, qui deviennent rengaines. Par exemple, Laurent Brice se plaignit, une nouvelle fois, du délai de convocation au C.M. beaucoup trop court par rapport à ce que prévoit la loi (8 jours). Autre conseiller municipal d’opposition, Freddy Baudrin exprima son mécontentement quant à l’existence d’une commission relative à la location des salles municipales, une commission où n’étaient pas conviés les élus d’opposition. Le Maire rétorqua, question de vocabulaire, qu’il ne s’agissait que d’un « groupe de travail » qui n’est « pas figé ». Et Eugène Binaisse d’ajouter : « On n’a jamais refusé que vous participez à une commission. Si on en venait à créer une commission, on étudiera la question ! » En conséquence, le groupe FN vota contre cette délibération estampillée « Relations Publiques ». Ce fut le seul petit accroc de ce C.M. au ton estival comme le suggéra la « chute » énoncée par Eugène Binaisse à l’encontre de Steeve Briois. « J’espère que nous aurons la joie de vous retrouver pour le feu d’artifice du 14 juillet ? » A défaut de baignade à Hénin-plage, les relations AR/FN, elles, apportent de l’eau à leur moulin…

PL

mercredi 26 mai 2010

A Hénin-Beaumont, il n’y a jamais deux sans trois !

Ambiance surréaliste ce mardi soir dans les salons d’honneur de l’Hôtel de Ville d’Hénin-Beaumont où s’est tenu un Conseil municipal extraordinaire qui avait pour ordre du jour principal l’élection du nouveau Maire. Le troisième en deux ans. Ce Conseil, qui avait dû être reporté il y a une semaine pour vice de procédure, sentait la poudre. La poudre d’escampette même…


L’annonce soudaine de la démission de Daniel Duquenne de son poste de Premier Magistrat d’Hénin-Beaumont (officiellement pour « raisons de santé »), qui avait précédé celle de son inéligibilité par le Conseil d’Etat, avait fait couler beaucoup d’encre dans la presse locale comme nationale. Et avait en conséquence laissé, toute la semaine dernière, la ville orpheline d’un Maire. Après les tergiversations procédurières grotesques d’il y a exactement une semaine, c’est ce mardi soir que s’est déroulée l’élection du nouveau Maire d’Hénin-Beaumont. Ainsi, ce Conseil Municipal (C.M.) était particulièrement attendu. Parterre de photographes, caméramans et journalistes, présence nombreuse de sympathisants de l’Alliance Républicaine (majorité), du Front National (opposition) ou d’anciens élus, bref, il y avait du beau monde dans les salons d’honneur qui faisaient…salle comble ! Sans compter les citoyens « lambda » d’Hénin-Beaumont ou les observateurs extérieurs, inquiets de la situation politique de la ville-phare de l’Agglomération. Pour accueillir un public attendu nombreux, la disposition des tables du C.M. a été modifiée. Finie la disposition en « U », place au « rectangle fermé » ! Ce qui permet à l’opposition frontiste de faire directement face au (nouveau) Maire et Adjoints. Une nouvelle disposition encore plus propice aux invectives donc. Et des invectives, il y en eut !

Nouveau Maire, vieilles rancunes

Sans surprise, l’opposition ne présente aucun candidat à cette élection en conseil. La majorité, elle, avait choisi depuis plusieurs jours le successeur « naturel » de Daniel Duquenne en la personne d’Eugène Binaisse. Après cet appel à candidature au poste de premier édile de la Ville, Marine Le Pen prend la parole. Elle déclare « la chute du petit système Duquenne » après celle de « Gérard et les vingt-sept voleurs ». C’est que la conseillère frontiste ne digère toujours pas la gestion de la communication autour de la maladie de Daniel Duquenne et crie à la manipulation. « Bizarrement, l’état de santé de Daniel Duquenne vacille juste après le rapport du Conseil d’Etat… » alors que la majorité annonçait « C.M. après C.M., l’amélioration de la santé de Daniel Duquenne » ! Et Marine Le Pen de rappeler que « c’est grâce à lui [Steeve Briois (*)] qu’il y a encore un état de droit à Hénin-Beaumont ! », faisant ainsi référence à la démission forcée, pour inéligibilité, de l’ancien premier magistrat mais également à celle d’Yvelise Dufresnes, elle aussi démissionnaire de son poste d’Adjointe en août dernier, pour la même raison. Puis la vice-présidente médiatique du Front National s’en prend directement au futur Maire, Eugène Binaisse, fustigeant son âge avancé (70 ans). Ce qui est assez cocasse si l’on se réfère à la longévité de son père qui présente quelque 81 printemps ! Paraphrasant une citation du Général de Gaulle, elle demande à ce même Eugène Binaisse si « ce n’est pas à soixante-douze ans (sic) que vous allez commencer une carrière de marionnette ! » Jusqu’alors silencieux, Steeve Briois, chef de file de l’opposition, n’est pas en reste. Il félicite d’emblée la majorité pour la tenue d’un C.M. « dans les formes ». Mais perfide, il ajoute : « Cette fois-ci, vous avez réussi à ne pas convoquer Dalongeville ou Duquenne ! » En outre, l’élu frontiste remet en cause la légitimité de l’élection d’Eugène Binaisse. « 90% des habitants d’Hénin-Beaumont ne vous connaissent pas ! » Il renvoie, ensuite, le futur ex-1er Adjoint à ses propres carences depuis dix mois : amateurisme, absence de rupture (« aucun changement des hommes-clé du système Dalongeville ! »), absence de responsabilité (« vous avez envoyé la patate chaude au préfet ! »), immobilisme (« une ville qui ne se transforme pas, c’est une ville qui se meurt… »). Et de conclure : « Monsieur Binaisse, vous n’êtes pas le Maire qui sortira Hénin-Beaumont de son marasme ! » Pauvre Eugène Binaisse, pas encore intronisé aux manettes de la commune mais déjà vilipendé, secoué par l’opposition frontiste. Et ce n’est pas fini car, comme à son habitude, le Front National va lui réserver pour le vote de son mandat une sortie théâtrale…

Elections procédurières : quoi de neuf ?

Mardi dernier, le Front National lançait tout de go, sur les marches de l’Hôtel de Ville fermé, que la prochaine élection du Maire en Conseil Municipal serait une fois de plus entachée d’une procédure en annulation. Pour une éventuelle troisième fois après les recours en annulation des élections mayorales précédentes, celles de Gérard Dalongeville et de Daniel Duquenne. Face à cette « menace » à peine voilée, la majorité municipale avait rétorqué qu’elle préparerait avec minutie ce Conseil pour pallier toute velléité procédurière du Front National. Cela s’est concrétisé hier soir par des citations litaniques d'articles du Code Général des Collectivités Territoriales. Le Front National n’en a eu cure, sa contre-attaque procédurière était, quoi qu'il en soit, préméditée. Et une nouvelle fois, Hénin-Beaumont n’y échappera pas : jamais deux sans trois ! En effet, après les prises de paroles musclées de Marine Le Pen et de Steeve Briois, le Front National déclare qu’il ne participera pas au vote du nouveau Maire, qu’il fera un recours pour annuler cette élection auprès du Tribunal Administratif. Puis, le Front National se lève et se retire, tête haute, des salons d’Honneur. De retentissants « hourras » des sympathisants frontistes résonnent, timidement masqués par quelques huées outrées de l’assistance. Le clou du spectacle passé, la pression redescend de plusieurs crans. Le Conseil Municipal peut continuer et les différents votes (Maire, Adjoints et représentants au conseil de la Communauté d'Agglomération d'Hénin-Carvin) peuvent se poursuivre avec plus de sérénité. Amputé des conseillers municipaux frontistes, le C.M. ne compte plus que vingt-sept conseillers issus de la majorité. Vingt-sept, un autre multiple de trois. Mais toujours rien de neuf sous le soleil héninois… Car le feuilleton « Hénin-Beaumont » n’est pas près de s’arrêter. L’épisode du jour arrive à sa fin, le spectacle est terminé. Rideau…


*Conseiller municipal d’opposition et ex-tête de liste FN aux dernières élections municipales

mercredi 19 mai 2010

L'Affaire Hénin-Beaumont




Si Hénin-Beaumont fait toujours couler autant d'encre dans la presse locale et nationale, rien ne vaut mieux qu'un dessin pour résumer l'Affaire, bien compliquée pour celui qui ne connaît pas bien le dossier...

Suite au nouvel imbroglio politique* qui secoue la ville d'Hénin-Beaumont, m'est venue cette idée de reprendre le dessin "historique" de Caran d'Ache sur l'Affaire Dreyfus ! Maintes fois détourné, ce dessin est paru originellement dans Le Figaro (14 février 1898). Avec une efficacité rare, il traduisait alors les querelles parfois familiales nées de l'Affaire Dreyfus, qui divisa profondément la France à la charnière des XIXe et XXe siècles.

Le parallèle avec Hénin-Beaumont est assez facile à faire tant les querelles et les rebondissements politiques sont omniprésents, jusqu'à en désespérer de la démocratie... "Mot Dit" Blog s'est donc essayé au pastiche artistique en reprenant le dessin de Caran d'Ache (alias Emmanuel Poiré) et en l'actualisant à la sauce locale !

Voici donc l'Affaire Hénin-Beaumont en image !




* le Conseil d'Etat a confirmé, hier en début d'après-midi, l'inéligibilité de Daniel Duquenne, le Maire récemment démissionnaire (élu en juillet 2009), sans annuler l'ensemble des élections municipales de l'été dernier. Traduction : il n'y aura pas de nouvel appel aux urnes. En l'occurrence, le Conseil d'Etat proclame élue la personne figurant immédiatement après le dernier élu de la liste conduite par M. Duquenne.

De plus, l'annonce, soudaine, de cette décision a entraîné l'annulation du Conseil Municipal "extraordinaire" (élection du nouveau Maire suite à la démission de D. Duquenne : vous suivez ?) qui devait se tenir hier à 18h. Motif évoqué dans La Voix du Nord : les élus d'opposition du Front National se sont plaints de ne pas avoir reçu leurs convocations à temps...

jeudi 15 avril 2010

Ainsi Front, Front, Front, les petites marionnettes...

A Hénin-Beaumont, le dernier Conseil Municipal* avait sonné le glas du "pacte" de non-agression entre Front National et Alliance Républicaine. Officiellement, une nouvelle donne politique était entrouverte. Le C.M. d'hier a enfoncé encore un peu plus une porte ouverte de confirmation...


Le dernier C.M. avait été éprouvant pour la majorité municipale qui s'était attirée, à plusieurs reprises, les foudres de l'opposition frontiste. Daniel Duquenne répondant toujours aux abonnés absents, le ticket Binaisse-Bouquillon allait-il entrevoir, cette fois-ci, une éclaircie ? Pas vraiment. Après avoir respecté une minute de silence en hommage au président polonais, décédé tragiquement la semaine dernière, le chef de fil de l'opposition, Steeve Briois, se plaint d'entrée de recevoir trop tardivement les documents à analyser en Conseil Municipal. "M. Bouquillon l'avait pourtant promis, il y a 8 mois !" Il invoque en ce sens le "droit des élus à travailler leurs dossiers". La première délibération, portant sur la création d'un Comité Consultatif des Sports, n'est pas suivie favorablement par l'opposition qui préfère s'abstenir au motif que cette décision n'est pas "opportune" et qu'elle n'est "ni pratique, ni viable". L'ambiance dans les salons d'honneur de l'Hôtel de Ville, où se tient le C.M., est calme, presque ennuyeuse. Mais l'intervention de Georges Bouquillon sur la revalorisation des indemnités des élus va mettre le feu aux poudres...

Une "guerre" des chiffres où personne ne ressort indemne...

Jusque-là sage comme une image, Marine Le Pen se réveille et réveille en même temps le nombreux public présent. Simplifiant le discours confus (et gêné ?) du 3ème Adjoint sur le sujet, la médiatique Conseillère Municipale n'y va pas avec le dos de la cuiller pour exprimer sa colère. "Moins vous vous bougez, plus vous vous augmentez ! C'est le clou du scandale, une augmentation de 25% des indemnités du Maire ! Et rétroactive, en plus ! C'est moralement scandaleux alors que vous avez demandé des sacrifices aux habitants !". Se positionnant en "Hercule Poirot" de la politique locale, Marine Le Pen va même jusqu'à comparer ce manque de transparence aux méthodes des "patrons voyous". Le Maire, Daniel Duquenne, en prend pour son grade. Et l'opposition frontiste de rappeler que le Maire a été aperçu récemment par la population héninoise en train de distribuer des tracts appelant à voter Percheron ou en train de "guincher" à une réception de l'association du Temps de Vivre. "C'est un signe de lâcheté politique de ne pas être présent ce soir !", martèle Marine le Pen, évoquant un "Maire-fantôme".
La majorité tente bien de se défendre et réfute, comme elle le peut, les raccourcis frontistes. "Mais si c'est n'importe quoi, il faut donner les chiffres !", lance un Steeve Briois, pour le moins remonté. S'en suivent une cacophonie générale et des joutes verbales sur la fausseté ou non de chiffres avancés par telle ou telle partie ! "Les miens [les chiffres] sont bons !", s'exclame Steeve Briois, ce à quoi le 1er Adjoint répond par "les miens sont meilleurs que les vôtres !"... Le public ne reste pas de marbre et murmure alors son agacement. Peinant à calmer l'opposition, Eugène Binaisse rappelle pourtant l'assistance à son "devoir de réserve".

Commedia dell'Hénin-Beaumont !

Le ton devient particulièrement animé, presque belliqueux. Et là, coup de théâtre : Steeve Briois ne se contente plus de répliques. A la consternation générale, il se ridiculise en acte : il se lève et se dirige, au pas de charge, vers Eugène Binaisse, brandissant bien haut sa feuille d'indemnités (?) ! Un rebondissement inattendu du plus bel effet...comique ! Marine Le Pen renchérit : "Vous avez beaucoup de choses à apprendre M. Binaisse ! On fait plus de travail que vous êtes capable d'en faire !". Assommé, K.O. "assis", la majorité autorise une suspension de séance de dix minutes. Fin du premier acte. Courtois jusqu'au-boutiste, le 1er Adjoint rappelle aux élus F.N. la possibilité qu'ils ont de s'entretenir dans une salle annexe. A la fin de l'entracte, il interroge même : "Le temps vous a-t-il été suffisant, M. Briois ?"
Le "débat" sur les indemnités du Maire reprend dans un calme relatif. La bataille de chiffres continue de plus belle. Avec des montants d'indemnités perçus par le Maire qui se différencient du simple au double : 4066euros selon le F.N. contre 2008,43 euros selon le 3ème Adjoint ! Pour contrer l'argumentation des frontistes, Georges Bouquillon rétorque par une diatribe chevaleresque. "Je vous lance un défi ! Je vous fais la photocopie de la prochaine fiche d'indemnité de M. Duquenne et je vous l'envoie !" Sceptique, Steeve Briois conclut ce débat par un "De toute façon, qu'est-ce qui justifie ces indemnités ?"...
En plus de la comédie "théâtralo-politique", le public a même eu droit, plus tard, à un spectacle son et lumière avec la défectuosité des micros de l'opposition qui scintillèrent, en rouge et noir, à la pénombre du soleil couchant.

Vote du Budget Primitif, dernier calvaire de la séance

Le vote du Budget Primitif 2010 aura marqué véritablement le deuxième acte de ce Conseil Municipal. Sans surprise, l'opposition trouve ce "budget proposé décevant à bien des égards." Steeve Briois a la dent dure sur ce "budget aux desideratas de la C.R.C." qui signe "un arrêt de mort de la commune" et qui est une "véritable mascarade". Un budget qui serait même du "sous-Dalongeville" selon le même Conseiller municipal frontiste. Eugène Binaisse n'a pas apprécié cette allusion. "Me comparer à ce qu'il se passait avant, je n'aime pas trop !" Marine Le Pen va encore plus loin dans sa critique de gestion à la botte du préfet. "C'est comme un escargot en temps de canicule au fond de sa coquille, en ne bougeant pas ! Et quand on ne bouge pas, on est mort !"
La majorité encaisse et a bien du mal à exister sur le plan du verbe mais encore sur le plan de l'argumentation. Fort à propos, Georges Bouquillon tente de mettre le F.N. face à ses propres incohérences programmatiques, en particulier sur le sujet des départs en retraite. Mais Marine Le Pen ne laisse rien passer et renvoie le 3ème Adjoint dans les cordes. "Vous avez un culot, vous avez un aplomb ! Vos bas instincts étaient donc refoulés !", s'amuse-t-elle. La pièce de théâtre se termine. Sans surprise, le Front National a tenu le premier rôle, l'Alliance Républicaine a fait, bien malgré elle, de la figuration.

Un procès public en incompétence ?

Tout au long de ce Conseil Municipal, le Front National a mis la majorité municipale face à ses propres carences. Et n'a pas hésité à leur faire un procès public en incompétence. L'opposition a fustigé le manque d'informations sur les suites de l'Affaire Dalongeville ou sur les dossiers qui n'avancent pas, comme celui de Dexia. Elle mentionna de nouveau "l'immobilisme" de la majorité, "l'amateurisme habituel" et surtout les promesses non tenues du programme municipal de l'Alliance Républicaine (transparence et baisse de 50% des indemnités des élus, notamment). "On doit vous rappeler de tenir vos promesses !", déclara même, narquois, Steeve Briois.
Plus embêtant, les erreurs "administratives" qui ont émaillé ce conseil et que les élus du Front National se sont empressés de faire remarquer. "Allez voir le code [des Collectivités Territoriales], ça vous permettra de diriger une collectivité correctement !", critiqua Marine Le Pen. Mais L'exemple le plus frappant est sans conteste le vote du Budget Primitif (B.P.). "Autant faire les choses biens pour éviter d'avoir un truc retoqué par la C.R.C. !", balança Steeve Briois avant même l'analyse de ce Budget Primitif. Alors qu'Eugène Binaisse s'apprête à passer au vote global de ce Budget, l'opposition frontiste le reprend de volée sur le fait que le vote du B.P. se réalise par article et que cela a été imposé par la C.R.C.! Le public osa à peine en rire...

Ainsi, ce long C.M. a prouvé, une fois de plus, que les ficelles politiques héninoises étaient tirées autant sur la forme que sur le fond par la seule opposition du Front National. A ce rythme-là, ne va-t-on pas assister régulièrement jusqu'en 2014 à un triste spectacle de marionnettes ?...


Par Pierre Leduc



*samedi 27 mars 2010

jeudi 8 avril 2010

Initiales H.B.

H.B. n’est pas contente. Elle a perdu son travail. Elle n’est pas sûre d’en retrouver. Elle déprime. Elle croule sous les dettes. Elle perd espoir chaque jour un peu plus. Ses yeux ne brillent plus d’espérance mais pleurent de désespérance. H.B. s’ennuie, sa lumière n’est que nuit. Son espace est triste, elle n’a même plus d’échappatoire. Elle se sent abandonnée. Elle se sent salie. Les médias la montrent du doigt. Car la république pourrait être ici mise à l’index. Elle a peur pour ses enfants, surtout. Elle ne voit pas l’avenir. Il n’y a plus d’avenir…

H.B. n’est pas contente. Elle a été trahie. Une nouvelle fois. Elle ne croit plus en son administration. Cette dernière l’a encore trompée. Elle ne croit plus aux hommes, non plus. Le pouvoir les a rendus fous. Tous. H.B. ne sait plus où donner de la tête à force de retournements de vestes, de compromissions, de trahisons. Seuls les loups restent fidèles à eux-mêmes et veillent au grain, au gré de la misère. L’impôt a beau augmenter chaque année, H.B. est en mal de changements, de perspectives collectives. Tout est ramené au passé. Un passé douloureux qu’H.B. aimerait oublier…

H.B. n’est pas contente. Son « couple » va mal. « B. », la rurale, se détache chaque jour un plus de « H. », la citadine. Et H.B., la citoyenne, ne sait plus où elle en est. Elle a beaucoup donné à gauche. Déçue, trahie, elle semble vouloir se donner à droite. Tout à droite. H.B. a essayé les hommes, elle peut bien s’offrir aux loups. Les loups rôdent et attendent, en bons charognards, les faiblesses des hommes. Mais H.B. ne sait trop que l’homme est un loup pour l’homme. Elle n’est pas encore tout à fait prête à se jeter dans la gueule du loup. Mais pour combien de temps encore…

H.B. n’est pas contente donc. H.B. est furieuse, même. Elle s’impatiente. Elle s’agace des politiques salaces. Hélas. Elle est à bout, proche de l’implosion. Elle n’est pas loin d’être au bord de l’explosion. Comme en physique, serait-elle vouée à un éternel choc de contrariétés ? Elle ne sait plus comment crier sa colère. Elle a essayé les urnes, les voix sont restées sourdes. A l’instar de son homonyme*, doit-elle prendre le monde en otage ? Car H.B. est une Human Bomb. Une bombe humaine armée d’amour. Elle veut redonner vie à ses initiales. Et redevenir fière d’être Hénin-Beaumont !


Par Pierre Leduc


*Cf. la très médiatique prise d’otage de la maternelle de Neuilly-sur-Seine en 1993 fomentée par Érick Schmitt alias « H.B. ».

samedi 27 mars 2010

Je suis venu, j'ai vu et... je n'en suis pas revenu !

Incompétence, collusion avec le Front National, absence totale de projets, carence en matière de communication, etc. : la blogosphère héninoise n'est pas tendre avec l'équipe municipale en place depuis près de neuf mois et l'élection de Daniel Duquenne à la Mairie d'Hénin-Beaumont. Ce Conseil Municipal post-"Régionales" de ce samedi 27 mars était une occasion, pour moi, d'avaliser ou non les dires de cette omniprésente blogosphère. Car il faut le voir pour le croire. Adoptant modestement une attitude "césarienne", je suis donc venu. J'ai vu. Et je suis désormais convaincu...


Premier observation "surprenante" : le Maire, Daniel Duquenne, pourtant bien présent lors d'un "meeting" de soutien à la liste Percheron pour les élections régionales quelques semaines auparavant, est toujours aux abonnés absents. "Il aura un jour l'occasion de s'expliquer", répond Eugène Binaisse, le maître de cérémonie "remplaçant", à l'interrogation agacée du Front National sur la nouvelle absence du premier édile d'Hénin-Beaumont. Bien lui a pris d'ailleurs, à Daniel Duquenne, car son équipe, du moins le ticket "Binaisse-Bouquillon", allait subir les foudres de l'opposition frontiste tout au long de ce Conseil Municipal dont l'objet principal était le Débat d'Orientation Budgétaire (D.O.B.).

Un F.N. au front !
D'emblée, le Conseiller municipal frontiste, Laurent Brice, lance à la cantonade un "Nous avons été gentils avec vous. Maintenant, ça suffit !", histoire de donner le ton à ce conseil. Les élus F.N. étaient particulièrement remontés et avaient le regard noir en ce milieu de matinée pourtant éclairée. Dénonçant l'absence de débats sur les sujets principaux (tramway, commerce héninois, sécurité, associations, stationnement et circulation) et de grands projets pour la ville, Steeve Briois s'égosille : "On va encore débattre sur le prix des stylos et de la cantine. Très bien... Vous pouvez démissionner et nous laisser la place !". Et "l'enfant du pays" d'ajouter concernant le vote du Compte Administratif 2009 : "vos sornettes ne sont qu'une pure escroquerie intellectuelle" !
Georges Bouquillon tente bien de prêter main forte à un Eugène Binaisse qui sera constamment sur la défensive avec un "Vous attendez Madame Le Pen pour commencer le C.M. ?". En effet, la "madone" du F.N., en bonne cumularde qu'elle est, était au Conseil régional la veille et s'est autorisée un retard d'une heure en ce samedi matin.

Le show Marine Le Pen : morceaux choisis

Arrivée plutôt discrètement, la benjamine du clan Le Pen a eu droit à une annonce courtoise, qui ne s'imposait pas, de la part d'Eugène Binaisse. "Nous accueillons madame Marine Le Pen !" Le temps de prendre ces marques, de consulter les "documents sur table" et, ça y est, le show Marine Le Pen peut commencer...
Elle fustige d'abord le rapport commandé au Cabinet "Calypse" qui sert d'expertise pour le D.O.B., ce "document indigent" qui présente "des belles images comme du temps de Dalongeville". Un document qui, il faut le reconnaître, n'apporte rien de nouveau et qui a coûté aux contribuables. "On ne fait rien, on ne dépense rien... C'est comme dans l'Hibernatus, on est complètement congelé !", conclut la conseillère frontiste au sujet du "Débat de Rétrospectivité Budgétaire" ! En présence de l'emblématique Marine, Steeve Briois se décomplexe, reprend ses aises et son vocabulaire "grossier" : "Arrêtez de vous foutre de la gueule du monde !" (sic), "vous avez baissé le pantalon devant l'Etat" ! Chassez le naturel, il revient au galop... Autre exemple, la menace. Marine Le Pen n'a pas apprécié, c'est le moins qu'on puisse dire, les quelques coupures de micros qui ont émaillé certaines interventions frontistes. Elle l'a fait clairement savoir au Directeur Général des Services, M. Thibault. "C'est la dernière fois que vous coupez le micro à un élu !". Sur ce, le show Marine Le Pen prend fin. Elle s'est donnée, "son" public en a eu pour son compte et peut repartir satisfait. C'est sans doute bien le seul...

Une équipe municipale aux abois...

Face à la seule opposition du Front National, cela apparaît comme une évidence, y compris aux yeux d'un observateur néophyte : l'équipe municipale ne fait pas le poids. La courtoisie avec le Front National, parti honni pour certains, est toujours de mise. En se focalisant sur ce thème, on repère bien des "On en décide avec vous...", "Je vous remercie", "Merci M. Briois", "Vous avez raison", "Je sais que vous êtes honnêtes !", "Je vous présente mes excuses M. Briois"... Des propos qui sont tous sortis de la bouche du Premier Adjoint. Un Premier Adjoint apeuré, singeant même un homme menotté (genre "C'est pas moi !"), au moment de l'ire de Mme Le Pen sur les coupures de micro... George Bouquillon va plus loin et théorise même la relation entre équipe municipale et opposition frontiste. "Nous ne combattons pas l'opposition, nous répondons à leurs critiques !" Une nuance de taille. Des nuances, le Front National, lui, ne s'en embarrasse pas. Il va droit au but. Plusieurs affirmations visant le 3ème Adjoint de la part d'un Steeve Briois taquin vont donner du grain à moudre aux partisans de la collusion Front National/Alliance Républicaine. "On s'est eu régulièrement au téléphone", avoue Steeve Briois qui va même plus loin dans la "confidence" : "Quand on se voit entre nous, vous prenez toujours acte !" Las, Eugène Binaisse se défend comme il le peut. "le FNAR, ça n'existe pas !". Ou plus, comme le suggère un spectateur attentif et inspiré.
D'un autre côté, la blogosphère fait souvent un procès en incompétence à l'Alliance Républicaine. Malheureusement, on ne peut pas lui donner tort : le rapport rétrospectif du cabinet "Calypse" en est le triste symbole. L'équipe élue reste arc-boutée sur son seul discours de campagne, c'est-à-dire l'assainissement des finances de la Ville. Mais quid du reste ? De plus, les conseillers municipaux de la majorité ont brillé par leur silence. Ils avalisent les votes à main levée mais ne prennent jamais la parole ! Sur le fond, l'équipe municipale ne convainc personne et ne semble pas maîtriser totalement ses dossiers. Ce qui est peut-être le plus grave au final.
Bref, au sortir de ce Conseil Municipal mouvementé, on en ressort abasourdi par ce triste spectacle politique. Un spectacle unique en France dont Hénin-Beaumont a l'entière exclusivité...


Par Pierre Leduc

dimanche 21 mars 2010

Les "scrutateurs" ou les petites mains de la démocratie

Urne, enveloppe, bulletin, feuille de pointage : ces instruments de vote ne sont pas l'apanage des seuls électeurs mais également des "scrutateurs". A travers l'action de dépouillement, ces derniers concrétisent l'expression du vote des citoyens. Lors de ce 2nd tour des Régionales 2010, j'ai été au cœur de ces "petites mains", méconnues, de la démocratie. Récit d'un moment électoral ordinaire.


Dimanche 21 mars 2010, 17h45 : le scrutin du 2ème tour des élections régionales arrive tout doucement à sa fin. J'arrive tranquillement en Mairie de Rouvroy, "mon" bureau de vote, pour apporter comme à l'accoutumé mon suffrage. Mon vote tardif est volontaire car je souhaite, dans la foulée, assister au dépouillement des votes puis à la proclamation des résultats. Ce qui m'intéresse en premier lieu ? Le score du Front National dans ma commune.
Dans le hall, ça ne se bouscule pas. Je dis bonjour, sers quelques mains et me rends donc directement dans l'isoloir. Mon acte de citoyen effectué, je reste près de l'urne et interroge le Bureau de vote sur la tendance de la participation. A peine mieux qu'au 1er Tour (48,08%), m'annonce-t-on.

Tu dépouilles ou tu pointes ?

Je m'apprête à me mettre sur le côté, la clôture du scrutin est imminente, quand le secrétaire du Bureau de vote m'interpelle : "Pierre, on t'a inscrit pour le dépouillement !". Surpris par la soudaineté de l'annonce, je n'en suis pas plus étonné car j'ai déjà participé à plusieurs dépouillements par le passé. Le dernier en date ? Le 1er tour des élections législatives de 2007.
Très vite, les isoloirs sont démontés, les tables des "scrutateurs" montées. En l'occurrence, trois tables pour quatre personnes comme le prévoit le Code électoral*. Sans réfléchir, je me place sur la table la plus proche. Et me voilà en compagnie de trois scrutatrices ! Le "qui fait quoi ?" s'organise naturellement et je partage la responsabilité des feuilles de pointage. Une nouveauté pour moi car auparavant, je ne m'étais occupé que du dépouillement, à proprement parler, des bulletins de vote.

Pointer et tirer un trait !

L'urne est alors vidée de sa substance et les enveloppes sont classées par paquet de cent. En effet, chaque feuille de pointage fonctionne pour cent votes, précisément. Avant de procéder à l'ouverture des enveloppes, chaque table de scrutateurs prend toujours la précaution de vérifier le nombre de bulletins à dépouiller. Le compte est bon ? Et c'est parti ! Avec trois listes en lice, le travail de pointage est facile à mémoriser. A chaque proclamation « nominative » du bulletin de vote correspond un trait sur la feuille de pointage. Un système simple mais efficace ! La difficulté principale réside dans le fait de rester attentif. Les trois tables de scrutateurs sont proches et entourées de citoyens venus assister au dépouillement en direct. Bref, il y a parfois du bruit et il ne faut pas se laisser distraire. Des soupirs de désapprobation accompagnant une série de vote "FN", par exemple. Avec mes trois scrutatrices, on "travaille" vite. La coordination est parfaite : tu retires le bulletin de l'enveloppe, tu annonces à voix haute l'expression du vote et nous pointons. Une belle répartition des tâches, du "Taylorisme électoral" en quelque sorte !

Tendances à table, résultats au tableau

Le dépouillement se faisant par centaine de bulletins, on peut dégager facilement des tendances. A ma table, c'est trois cents votes qui sont sortis de leur enveloppe et qui ont été pointés. Peu de votes "non exprimés" ont perturbé le pointage "litaniesque" des trois listes en présence. Trois en fait, un bulletin "blanc" (vide) et deux nuls. Dans ma tête, je me fais au fur et à mesure mon petit calcul. Grosso modo, cela donne autour de 55% pour les "Forces de Gauche", de 25% pour le "Front National" et de 20% pour la liste "UMP/Nouveau Centre". Evidemment, ce n'est qu'une tendance. Déjà, sur les deux autres tables du Bureau de vote, les chiffres évoluent un peu différemment avec un vote "Forces de gauche" et "FN" plus élevé.
Il faut désormais attendre les résultats des autres bureaux de la commune. A 19h30, le Maire, Jean Haja, lui-même en position éligible, proclame les résultats définitifs. Entre-temps, le Bureau de vote principal de la Mairie s'est bien garni. Le moment est solennel et le verdict tombe : "Forces de Gauche" 60,14%, "Front National" 31,15% et "UMP/Nouveau Centre" 8,71%. L'ambiance est lourde, le score du FN interpelle, claque, fait peur. Mes prévisions se sont révélées finalement basses et ont surélevé le résultat de la liste menée par Valérie Létard. En tant que républicain, j'aurais préféré rester sur mes tendances "de table"…
19 heures 45, il est temps de repartir chez soi. Mes considérations de "scrutateur" sont terminées, place aux résultats nationaux et aux analyses diverses propres à chaque soirée électorale. La carte "régionale" de France va-t-elle évoluer par rapport à 2004 ? C’est une autre histoire...


Par Pierre Leduc


* "A chaque table, l'un des scrutateurs extrait le bulletin de chaque enveloppe et le passe déplié à un autre scrutateur ; celui-ci le lit à haute voix ; les noms portés sur les bulletins sont relevés par deux scrutateurs au moins sur des listes préparées à cet effet." (Article L.65 du Code électoral français)