Affichage des articles dont le libellé est article - presse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est article - presse. Afficher tous les articles

vendredi 2 avril 2010

Sur un coup de tête... (parution sur le site Foot Citoyen)

Un récit d'une mésaventure footballistique qui m'est arrivée fin février sur un terrain de foot... J'ai proposé ce récit au magazine Foot Citoyen qui l'a trouvé intéressant et l'a publié sur son site internet !


Mea culpa

Sur un coup de tête…


Licencié depuis près de vingt ans, j’ai rarement eu l’honneur de me prêter au rituel arbitral du brandissement d’un carton. Tantôt réputé, tantôt chambré pour mon fair-play sur le terrain, j’ai pourtant perdu mon sang froid ce jour-là. Rien de grave, certes. Et un carton jaune anecdotique. Mais j’ai perdu mon sang-froid. Sur un coup de tête…

Après une trêve forcée de plus de deux mois, il était temps que le championnat reprenne ses droits. Deuxième à un point du leader, on se déplaçait, pour cette rentrée, chez la lanterne rouge du groupe. Comme le permet le règlement du District, l’équipe locale a obtenu le décalage du match sur terrain synthétique. Je n’aime pas trop cette surface, le football n’est pas le même : les duels au sol sont niés, les rebonds de la balle plus marqués, la vitesse du jeu décuplée. Ajouté à cela une équipe adverse que l’on qualifiera, à tort ou à raison, de « provocateurs ». Bref, cela sentait le match piège à plein nez ! Et, en effet, il ne me faut pas cinq minutes pour réaliser que ce match ne sera absolument pas une partie de plaisir. Perdus sur ce terrain aux dimensions réduites, nous sommes bousculés par une équipe qui en veut. Sur mon côté gauche, pas grand-chose à signaler en ce début de match : le jeu se déroule principalement de l’autre côté du terrain. J’ai quand même pu m’apercevoir que mon adversaire direct est un petit dribbleur assez vif. Un « provocateur » aussi, qui tente de m’intimider à la sortie du premier duel aérien que je viens de gagner. Au bout de vingt minutes, les premiers signes d’énervement sont palpables dans notre camp : on n’arrive pas à poser le ballon, notre jeu habituel se met pas en place. Pire, cela parle beaucoup sur le terrain et je sens poindre, chez nous, un manque de sérénité collectif.

Un coup de tête mal contrôlé

En général, je sais assez vite si je suis dans un bon jour. En l’occurrence, j’étais plutôt bien dans mon match : solide dans les duels et précis dans les passes. Mais le foot n’est décidément pas une science exacte ! La preuve : un ballon aérien vient dans ma zone de jeu. Sûr de moi, je préviens mon stoppeur avec un « J’y vais ! » convaincu. Bien mal m’en a pris… En reculant, je perds légèrement mon équilibre et mon coup de tête « arrière » se transforme en passe décisive pour l’avant-centre local. Ce dernier n’en demandait pas temps ! Il récupère l’offrande et lobe tranquillement notre gardien de but. Le but idiot par excellence ! De rage, je shoote violemment dans la bouteille d’eau qui se trouve dans les filets ! J’ai coûté un but à mon équipe et je déteste cette sensation coupable !

Un leitmotiv : rattraper mon erreur !

Je suis énervé, je m’en veux. Compréhensifs, mes coéquipiers n’en rajoutent pas. Il reste du temps, après tout. Mais je suis psychologiquement marqué. Je rate une ou deux relances, je suis désormais en retard dans tous les duels et, surtout, je commets plusieurs fautes qui provoquent des coups francs dangereux. J’ai clairement « la tête dans le sac » mais je n’ai pas la lucidité de demander le remplacement. Il me faut bien dix minutes pour que je reprenne mes esprits. Je ressens alors ce que tous les footballeurs connaissent bien : l’envie de rattraper son erreur. Tant bien que mal, je reviens peu à peu dans le match. Je réussis plusieurs bonnes passes. Je reprends confiance en moi. Et je suis de nouveau décisif, dans le bon sens cette fois-ci ! Suite à une action en triangle, je centre à ras-de-terre dans les six mètre où un coéquipier récupère le ballon et égalise promptement. Je suis soulagé, j’ai contribué à cette égalisation. Je ne le sais pas encore mais je suis toujours atteint psychologiquement par mon erreur. La mi-temps est sifflée et c’est l’apaisement qui prédomine dans les vestiaires. En revenant au score, on a fait le plus dur, pense-t-on. Sans surprise, l’entraîneur décide de me remplacer. Je n’ose contester, je sais que j’ai raté ma première mi-temps.

Chaud sur le terrain, chaud sur le banc

C’est donc sur le banc de touche que j’assiste au début de la seconde période. Je vois mes coéquipiers dominer copieusement le premier quart d’heure de la reprise, se procurer cinq ou six occasions franches, rater un pénalty et même bénéficier d’un avantage numérique après l’expulsion logique d’un défenseur adverse. Mais cette domination restera vaine. Je remarque aussi l’énervement qui se développe sur le terrain. Le jeu est haché, les duels se musclent, toutes les décisions arbitrales sont contestées. Pour calmer tout son monde, l’arbitre doit sortir plusieurs cartons jaunes de part et d’autre, synonymes d’exclusions temporaires de dix minutes. Sur le banc, on n’en reste pas moins tendu, comme contaminé par ce qui se passe sur le terrain. Moi, je repense encore à cette tête manquée et à ce but offert sur un plateau. Surprise : à un quart d’heure de la fin, l’entraîneur me demande de rentrer au milieu de terrain. Alors qu’on attend un arrêt de jeu pour opérer le changement, l’équipe subit un contre « assassin » ! Deux minutes plus tard, alors que je suis à peine revenu sur le terrain, nous encaissons un nouveau but. 3-1, le break est fait, le match nous échappe, nous allons perdre chez le dernier…

Dix secondes d’égarement

C’est l’abattement dans nos rangs. On a l’impression d’avoir laissé échappé nous-mêmes un match largement à notre portée. Il reste encore dix minutes mais le sort est jeté… Moi, je rumine intérieurement : j’ai raté ma première mi-temps, j’ai été logiquement remplacé, on est en train de perdre chez le dernier et de compromettre une éventuelle montée. Alors qu’on aborde le temps additionnel, je commets un croche-pied maladroit qui traduit plus mon immense frustration qu’autre chose. Mais ma « victime », elle, n’a pas apprécié ce geste, pas méchant mais bien inutile et évitable. Elle se dirige vers moi, furieuse. Une petite insulte, un regard belliqueux, et là, je réalise l’irréparable : je réagis ! Oh, je ne lui renvoie pas que son regard noir, je le bouscule un peu aussi. Pas grand chose, certes, mais déjà tellement trop ! Heureusement, l’incident, qui a dû durer moins de dix secondes, s’arrête là. L’arbitre intervient rapidement. Mon capitaine m’écarte de la « meute » qui s’est formée et me calme. Je « redescends » rapidement, je n’avais pas d’intention « guerrière ». Je me rends compte très vite de la bêtise de ma réaction, si inhabituelle. Une réaction épidermique, du genre que vous regrettez tout de suite après ! Et, je dois bien l’avouer, j’ai peur du carton rouge ! Je balbutie quelques excuses à l’arbitre et à mon adversaire. L’homme en noir est heureusement clément, il sort un jaune aux deux « énervés » ! Soulagé, je sors du terrain calmement. Mais intérieurement, je boue : j’ai raté mon match, on a perdu et j’ai pris un jaune pour une réaction puérile !

Chronique d’une violence banalisée ?

Le match se termine sur cette altercation. En rentrant aux vestiaires, je reprends naturellement mon rite de fin de match : je sers la main de l’arbitre et de quelques adversaires qui se trouvent sur mon chemin. Je les félicite brièvement. Eux, ils ont fait leur match et ont gagné avec leurs « armes ». Nous, on est tombé dans la facilité, on a vite perdu notre sérénité et on a répondu aux « provocations », moi le premier. Dans les vestiaires, il y a bien quelques réactions à chaud, mais uniquement sur le jeu. Ma prise de bec est à peine commentée si ce n’est par un triste « C’est bien. Tu ne t’es pas laissé faire ! » lancé par un pote. Non, je ne suis pas d’accord avec lui ! Dire ça, c’est banaliser la violence dans le football amateur ! Je ne suis pas fier. Je déplore même que personne ne m’ait reproché d’avoir réagi de la sorte. L’incident fut bénin mais il aurait pu provoquer une « vraie » bagarre. Il n’en fut rien, et tant mieux. Il restera au stade de l’anecdote, mais pas pour moi ! Je possède une certaine vision du football, la violence n’y a pas sa place. C’est la gangrène de notre sport ! J’ai haï Zidane et son coup de boule en 2006. J’ai pourtant réagi comme lui, toutes proportions gardées. Même avec du recul, je n’ai pas d’excuses à implorer pour expliquer cette attitude. Cette tête raté, ce but encaissé par ma faute, ce remplacement à la mi-temps, cette défaite inattendue, non rien ne peut justifier mon geste d’humeur. A moi de retenir cette « leçon » afin que cela ne se reproduise plus jamais ! Non, rater une tête ne doit pas faire perdre…la tête !


Par Pierre Leduc (mars 2010)

dimanche 14 mars 2010

Article - Senior "Rencontre"

Une bénévole qui aura fait un carton !


Après onze ans de bénévolat actif,
Mauricette Duboille a décidé de tirer
sa révérence. Reconnaissant, le club
Lannoy de Fives lui a réservé une
bien jolie surprise le 27 mai dernier
en organisant une fête en son honneur.
En lui offrant à cette occasion quelques
présents, notamment une sortie au choix
de la part de l’association Anim’Ages et
des sièges par le club de pétanque, les
séniors du club municipal tenaient avant
tout à rendre hommage au dévouement de
cette bénévole au grand coeur. En effet,
onze années durant, Mauricette
a été responsable de l’activité "Carton
mousse" et Couture ainsi que de bien
d’autres travaux manuels. « C’est en
regardant des magazines de vie pratique
que j’ai découvert ces activités
,
confie la bénévole « 100% » lilloise.
Comme j’aime découvrir de nouvelles
choses, je testais ces activités à la
maison avant de les proposer aux
femmes du club et de voir si cela les
intéressait »
. La succession déjà assurée,
Mauricette retient surtout de ces
années de bénévolat la bonne entente
au club et les belles amitiés formées
tout en ajoutant : « Je continuerai à
venir au club ! De toute façon, les
copines du club m’appelleront toujours
ou me laisseront un petit message pour
avoir une nouvelle idée d’activité ! »

Cette ancienne vendeuse de machine à
coudre et à tricoter aura fait et
continuera donc à faire…un carton !


Par Pierre Leduc (Senior Actualités n°6,
juillet-août 2008)

Article -Senior "Rencontre"

Pour en terminer avec ces exemples d'article "Sénior", voici deux rencontres avec des personnes âgées emblématiques de deux quartiers et "clubs Sénior" lillois.



Si Saint Gabriel m’était conté...

A bientôt 95 ans, Charles Loncle est
le doyen du club "Saint Gabriel" de
Saint-Maurice-Pellevoisin, quartier où
il s’installa en 1972. Retraité des
chemins de fer, il fut un des pionniers
du club municipal : « Avant 1973, il n’y
avait rien du tout pour les retraités du
quartier, c’était triste. Et puis, la
Ville a récupéré le Château Droulers pour
en faire une Mairie de quartier. A la
création du club, on était peut-être trois
ou quatre. C’est grâce au dévouement de
Madame Duvivier, une femme engagée du
quartier, qu’il s’est vraiment
développé. »
. Avec le temps, le club a
beaucoup évolué. Des changements que le
doyen semble apprécier. « Avant, pour faire
des sorties à l’étranger ou pour organiser
un repas, on devait tout prendre en charge
nous-mêmes car on n’était pas nombreux.
Aujourd’hui, le club fonctionne avec plus de
monde, il y a de tout pour se détendre et
beaucoup d’animations sont organisées. Bref,
les anciens ont plus d’avantages que par le
passé, c’est quand même mieux ! »
. Charles
aime beaucoup « son » club où il vient passer
toutes ses après-midi. Il collecte et conserve
même des coupures de presse qui parlent de
Saint Gabriel ! A l’instar de l’archange
Gabriel, intermédiaire entre Dieu et les hommes,
Charles Loncle est cette personne qui assure
le relais entre le passé et le présent du club
municipal. Homme attachant et discret, il est
l’une des « mémoires vivantes » de
Saint-Maurice-Pellevoisin, celles qui font
l’histoire du quartier.


Par Pierre Leduc (Senior Actualités n°5,
avril-mai 2008)

Dossier sur les équipes soignantes (E.H.P.A.D.)

Sans un contexte médiatique quelque peu défavorable pour les établissements accueillant des personnes âgées, je me suis rendu dans une résidence de retraite de l'E.H.P.A.D.(Etablissement Hébergeant des Personnes Agées Dépendantes) de Lille afin de mettre en lumière le métier des équipes soignantes sous forme de témoignages.
Voici l'essentiel du dossier de 3 pages consacrés à ce sujet.



Les équipes soignantes : une grande famille


Structures trop méconnues, les résidences de retraite sont souvent réduites à un milieu fermé où ne se côtoient que maladies, souffrances et décès des personnes âgées. Pour dépasser ces idées reçues, Senior Actualités a souhaité en savoir plus sur le quotidien du personnel de ces structures. Pour cela, nous avons rencontré l’équipe soignante de la résidence Rachel Méresse du quartier Vauban afin de mieux comprendre les différents métiers et la nature du lien tissé avec la personne âgée. Mais bien plus qu’un focus sur cette résidence et son personnel, il s’agit de mettre en lumière le travail formidable exercé, jour après jour, par les équipes de soins des sept résidences de quartier qui forment l’Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) de Lille. Car tout y est fait pour assurer l’équilibre, l’autonomie, la sécurité et le respect de la dignité de chaque résident. Et parce quel’accompagnement de la fin de vie est aussi et surtout synonyme d’émotion, d’humanité et de tendresse vécues au contact des personnes âgées. Du responsable à l’agent d’entretien en passant par l’aide-soignante, l’infirmière ou l’auxiliaire de vie, sans oublier les chauffeurs, tous s’emploient avec complémentarité à donner de la vie à ces structures. Au plus près des résidents, ils forment ensemble une grande famille. Témoignages.


Marie-Pascale (Responsable de la Résidence)
« Je suis un peu la « maîtresse de maison »
car je dois assurer la bonne marche
de la structure entre gestion du personnel
et suivi des résidents. Il faut avoir un sens
inné de l’organisation pour gérer tout le côté
administratif de la résidence. Je suis en
relais permanent avec l’extérieur et, notamment,
les partenaires de la vie sociale comme les
associations. Infirmière dans l’âme, j’essaye de
rester un maximum au côté de la personne âgée
qui est une ressource inépuisable d’énergie : elle
est une histoire à elle seule, elle a beaucoup à
donner et si on sait l’écouter, c’est déjà énorme.
On ne peut pas ne pas être bien car elle nous
attend et a besoin de nous. On ne peut rien
figer dans son suivi, il faut sans cesse s’adapter
à ses besoins. Des projets de vie individuels sont
montés à cet effet. On ne travaille jamais dans
l’ombre car chaque membre de l’équipe a un
rôle complémentaire afin que tout se passe pour
le mieux pour la personne âgée. »



Sandrine (Infirmière)
« Le métier d’infirmière est un métier polyvalent.
Je dois gérer, d’abord, tout l’aspect médical de
la résidence : la gestion de la pharmacie avec la
préparation hebdomadaire des médicaments de chaque
résident, le bilan sanguin ou les piqûres d’insuline…
De plus, j’ai un rôle de référent auprès du médecin
traitant pour décider, par exemple, d’une éventuelle
hospitalisation et j’encadre les membres de l’équipe
soignante pour la mise en place des protocoles de
soins personnalisés. Mais au-delà des soins médicaux,
il y a le rapport au psychique, à la psychologie de
la personne âgée. Il faut être constamment disponible
et à l’écoute des résidents pour répondre à leurs
moindres besoins. Etre infirmière ne s’improvise pas :
il faut aimer le contact humain et savoir énormément
s’investir en gardant, toutefois, la distance nécessaire
avec le patient. »



Amélie et Sophie (Auxiliaires de vie)
« Nous secondons les aides-soignantes dans leurs tâches
quotidiennes comme l’aide au lever et à la toilette,
la préparation des repas ou encore le ménage. De même,
nous prenons part à la vie sociale de la résidence en
participant aux animations et sorties proposées aux
personnes âgées. Ce qui est intéressant à notre poste,
c’est qu’il faut toujours bouger, aider ou communiquer
avec les résidents. Il y a toujours une reconnaissance
avec la personne âgée. On apprend un tas de choses à
son contact : la cuisine, le dessin, le tricot, etc.
Avec toute l’équipe, on essaye au maximum de leur rendre
des services « extra-travail », des petites attentions
qui sont très appréciées comme leur ramener le journal
télé, leur faire certaines courses ou les accompagner
pour une promenade. Par ailleurs, les familles des
résidents peuvent s’adresser à toute l’équipe pour
prendre des nouvelles de leur parent. A la fin de chaque
journée, on a le sentiment d’être utile. »



Christelle et Joëlle (Aides-soignantes)
« En tant qu’aides-soignantes, nous avons plusieurs
cordes à notre arc. Nous sommes chargées, avant tout,
d’effectuer les soins courants sur la personne âgée
comme la surveillance des constants (température,
pouls, tension) ou les pansements, et la distribution
des médicaments préparés par l’infirmière. Nous
nous occupons aussi des soins de confort, à savoir
l’habillage et la toilette des résidents. D’une manière
générale, il s’agit d’établir des soins individuels dans
une collectivité. Le relationnel est une dimension
essentielle de notre métier car il faut instaurer un
climat de confiance par la patience et l’écoute de la
personne âgée. L’attachement rentre toujours en jeu,
ce n’est pas toujours facile d’accompagner une personne
en fin de vie même s’il y a beaucoup de bons moments.
C’est à travers les sourires ou regards complices partagés
avec la personne âgée que notre fonction est valorisée. »



Rose et Lahouaria (Agents d’entretien polyvalents)
« Nous sommes les « petites fées du logis » car notre tâche
principale est de contribuer à ce que le cadre de vie du
résident soit agréable, à travers le nettoyage des chambres,
la prise en charge du linge, du repassage… On aide beaucoup
les auxiliaires de vie, en particulier dans la participation
aux jeux et animations diverses avec les résidents. On tient
compagnie aux personnes âgées toutes les après-midi, ce qui
nous permet de les surveiller et de prévenir tout problème
éventuel. Du fait de notre âge, on a un rapport particulier
avec les personnes âgées parce qu’on a plus de facilité à les
comprendre. Il y a beaucoup de tendresse dans nos rapports avec
les résidents : écouter, regarder, toucher sont les maîtres
mots de nos métiers. Du reste, dans ce type de structure,
différentes générations se côtoient, ce qui permet de créer un
véritable esprit de famille. »



Par Pierre Leduc (Senior Actualités 5,
avril-mai 2008)

Article - Senior "Sport"

Le taï-chi-chuan : une gymnastique équilibrée
entre le corps et l’esprit



Connaissez-vous le taï-chi-chuan ? Un groupe de séniors de l’association Inter Ages s’adonne à cet art martial au Palais des Sports Saint-Sauveur à raison d’un ou deux ateliers hebdomadaires. Et force est de constater que tous les pratiquants, débutants ou confirmés, en ressortent avec un sentiment profond de bien-être…

Pratique ancestrale chinoise
d’inspiration taoïste, le taï-chi-chuan
est un art martial dit
« interne » car il met l’accent sur
la mobilisation de l’énergie interne
et non sur la force physique
pure. Il est souvent traduit
par « la boxe de l’éternelle jeunesse »
ou « boxe avec l’ombre » car
l’observateur a l’impression
que le pratiquant se bat avec
un adversaire imaginaire.

A défaut d’immortalité, c’est
bien la quête de sérénité et de
relaxation qui est recherchée
par les adhérents d’Inter Ages
dans leur pratique du taï-chi.
Sous la houlette de Josiane Thiry,
leur professeur, un groupe
de 22 personnes âgées se réunit
une à deux fois par semaine au
Palais Saint-Sauveur. Quel que
soit le niveau, c’est avant tout
le plaisir qui prime : « Il n’y a
pas de place pour l’esprit de compétition
dans le taï-chi-chuan.
On n’est pas là pour se juger les
uns les autres. Chacun recherche
son propre confort aussi bien
physique que mental, le tout
dans une harmonie collective ! »
,
souligne Josiane Thiry. De
leur côté, les pratiquants ne tarissent
pas d’éloges sur cet art
martial, notamment pour ses
bienfaits sur la santé. « A nos
âges, le taï-chi-chuan est important
pour la mémorisation
et la coordination des mouvements.
C’est aussi très bon pour
les articulations ! »
, constate
Christiane. Bernard, lui, voit
dans « la boxe avec l’ombre »
des vertus de maîtrise de soi :
« Ce sport très gracieux contribue
à renforcer ma détente nerveuse
et mon équilibre corporel. J’y ai
découvert une énergie positive
qui m’aide à mettre mon corps
et mon esprit en mouvement. »
.
Cette complémentarité entre
le corps et l’esprit correspond,
en effet, au principe taoïste du
yin et du yang.

Bien plus qu’une activité sportive,
le taï-chi-chuan peut se
révéler un credo à mettre en
pratique au quotidien !


Par Pierre Leduc (Senior Actualités n°5,
avril-mai 2008)

Article - Senior "Loisirs-Peinture"

Dernière série d'articles "passés". Ils sont tirés de Senior Actualités (supplément de Lille Magazine), une publication dont j'ai géré deux numéros.



A Wagner, les séniors s’en mêlent des pinceaux !


A Lille-Sud, les séniors passionnés de peinture ont trouvé, depuis une
vingtaine d’années, un cadre idéal pour assouvir leur passion : le club
municipal Richard Wagner.


En effet, tous les lundis de
14h à 17h, une dizaine de personnes
âgées suit un atelier de
peinture dirigé par Dominique
Evrard. Pastel, acrylique,
aquarelle ou huile, l’art pictural
est, ici, représenté sous toutes
ses couleurs ! Le tout dans
une ambiance chaleureuse :
« Ici, la peinture se pratique sans
trop de prétentions car il s’agit
surtout de se faire plaisir. Cet
atelier se conçoit plus comme un
échange que comme un cours,
l’apprentissage se faisant par
conseils interposés. Chacun vient
avec son idée de faire et repart fier
une fois son oeuvre terminée. »
,
assure Dominique Evrard. Par
ailleurs, l’atelier peinture est
accessible à tous les séniors
du club, quel que soit leur
niveau artistique de départ.
Des dessinateurs plus aguerris
côtoient donc des personnes
plus débutantes en la matière.
Comme Kréra qui, en à peine
cinq mois de pratique, peint désormais
des tableaux qui ont
de quoi bluffer l’oeil de l’observateur.
« Je n’avais jamais dessiné
auparavant
, avoue-t-elle.
Et aujourd’hui, la peinture est
presque devenue une « drogue » !
J’achète plein de livres de techniques
picturales pour m’améliorer
et, après l’atelier, je continue à
peindre chez moi. A terme, je
voudrais apprendre à ma petitefille
les joies de la peinture. »
. Plus
expérimentée, Laure nous explique
sa manière de travailler :
« Idéalement, j’aimerais peindre
dans la nature mais étant
donné l’environnement proche,
je travaille plus sur des
« natures mortes », c’est-à-dire
que je prends des photos de paysage,
de fleurs voire d’animaux
qui me servent ensuite de modèles.
D’ailleurs, des amis me
demandent souvent de faire des
portraits de leur chat ou chien à
partir de clichés. ».

Si on parle souvent de l’incertitude
de l’art, il existe, en revanche,
des certitudes au sein
de l’atelier peinture du club
Wagner : une ambiance sympathique,
une interactivité
dans les conseils et…le plaisir
de peindre !

Par Pierre Leduc (Senior Actualités n°5,
avril/mai 2008)

samedi 13 mars 2010

Article - "START" Insertion Professionnelle

Un dernier exemple d'article tiré de Lille Magazine. Un papier sur un dispositif d'insertion professionnelle.



START ou comment réussir ses débuts
vers l’emploi durable



Dispositif à vocation européenne, START est un programme
d’accompagnement de jeunes en demande d’insertion professionnelle.


Lancé en mars 2008 à l’initiative de
la Délégation régionale Léo
Lagrange (DRLL) Nord - Pas-de-Calais et
de la Mission Locale de Lille, START est un
dispositif expérimental d’insertion professionnelle
financé à 60 % par des fonds
européens. Projet innovant, START joue les
« intermédiaires » entre un secteur, le bâtiment,
qui peine à attirer des candidats et
des jeunes de 18 à 25 ans qui ont des difficultés
à entrer dans la vie active. Pour son
année de lancement, le programme START
bénéficie d’une convention signée avec la
Fédération française du Bâtiment. L’un des
paris est donc de changer la perception des
métiers du bâtiment qui offrent des choix
d’orientation dans plus de 30 filières et qui
valorisent les compétences et les évolutions
de carrière. Au niveau du « recrutement»,
les participants ont été choisis,
notamment, en fonction de leur degré de
motivation. « On a sélectionné 13 jeunes
Lillois avec des profils très divers allant du
BEP à Bac + 3
, souligne Thomas Gueydan,
coordinateur du START. Ce sont des jeunes
qui ont du coeur et qui ont “faim” ! Ils veulent
vraiment se donner les moyens de
réussir ! »
Concrètement, START se déroule
en trois temps : le jeune doit se
préparer en vue d’un Service
Volontaire Européen (SVE), qui
lui permettra de tester ses capacités
d’adaptation car il devra
remplir là-bas une mission particulière
axée sur une thématique
citoyenne (développement durable,
exclusion, hygiène…). À la fin
de son SVE de trois semaines, le
participant enchaîne avec un autre séjour
plus long en Europe au sein d’une entreprise
du bâtiment dans la filière de son
choix. À son retour en France, il bénéficiera
d’un accompagnement vers l’entreprise,
avec un suivi parallèle de ses démarches de
recherche de logement et de financement
du permis de conduire. Il devra aussi
mettre en place des actions citoyennes en
lien avec la Mission Locale et les centres
sociaux. Toutefois, le programme n’est pas
cloisonné et il est possible d’adapter individuellement
le parcours : « Tout au long du cursus,
il y a un accompagnement direct
du jeune
, déclare Thomas Gueydan. START
fonctionne par étapes mais s’il n’y a pas de
continuité, il existe d’autres passerelles.
Par exemple, selon son profil, le jeune peut
choisir, après son SVE court, de partir directement
en entreprise plutôt que d’intégrer
un SVE long. »
Les premiers départs en SVE
commenceront dès septembre prochain.
START ne délivre pas de diplôme mais un
label alliant expérience en Europe, formation,
actions citoyennes et compétences
dans le domaine du bâtiment. Autant d’éléments
qui valorisent un C.V. auprès d’un
employeur et qui garantissent un accès
favorisé vers l’emploi durable.


Encadré : Témoignage
Karim Azdou, 25 ans, participant au programme START


« J’ai connu pas mal de problèmes d’orientation dans mon parcours
en passant d’un Bac pro “Vente” à une première année de licence “Économie et
gestion des organisations”. Le souci avec ces formations, c’est qu’il n’y avait pas de passerelle vers l’emploi ! Je m’étais lancé dans le tertiaire sans connaître vraiment ce qu’il y avait derrière ! Alors, j’ai dû faire pas mal de petits boulots pour m’en sortir. Et un jour, à la Mission Locale, des amis m’ont parlé de START, et c’est parti comme ça ! Moi qui voulais trouver un métier qui me permette d’évoluer, j’ai redécouvert une autre image du bâtiment. À l’école, on ne m’avait jamais expliqué ce que c’était vraiment ! Avec START, je vais pouvoir acquérir une qualification technique, bénéficier d’un label reconnu et être au contact d’entreprises partenaires. Dans ce projet, on a de la chance d’être suivi et conseillé par le coordinateur du programme ou la Mission Locale. Pour le SVE, je n’ai pas encore choisi le pays mais peu importe, je suis prêt à tout ! En ce qui concerne le choix de la filière, je pense que je me dirigerai dans le domaine de la climatisation. Je suis très motivé car à 25ans, je veux travailler tout de suite et START constitue un peu ma dernière chance ! »



Par Pierre Leduc (Lille Magazine n° 52,
septembre 2008)

Article - Musique Groupe Valentine's Day

Une rencontre avec le groupe lillois qui monte : les Valentine's Day !

http://www.valentinesdaymusic.fr/
http://www.myspace.com/valentinesdaymusic


Valentine’s Day : un son
qui fait battre les coeurs !



Avec un cocktail acoustique de rock, jazz et pop-folk, le
talent musical des Valentine’s Day commence à se faire jour
sur scène et sur le Web. Coup de coeur sur ce quatuor lillois.


Le groupe est né d’un coup de foudre,
celui, musical, qui a frappé Valentine
Derreumaux et Ludovic Fiers en 2004,
lorsqu’ils étaient étudiants au Conservatoire
de Tourcoing. Les talents de pianiste
et claviériste de Ludovic ont alors rencontré
les mélodies et textes en anglais de
Valentine : les Valentine’s Day voyaient
le jour ! Puis, par connaissances interposées,
David Remy, à la guitare, et Johannes
Leroy, aux percussions diverses, se
sont naturellement greffés au groupe, qui
a désormais deux ans d’existence dans sa
formation actuelle. La petite histoire du
nom du groupe est révélatrice de ce qu’est
musicalement le formation lilloise : un
mélange d’originalité aux textes et tonalités
anglo-saxonnes. Le nom « so british »
du groupe tient, en fait, du jeu de mot
subtil qui mêle prénom et initiale du nom
de la chanteuse et traduction anglaise de
la Saint-Valentin ! Dès les premières notes,
on est interpellé par l’acoustique groovy
teinté de pop, jazz et rock ainsi que par la
voix « caressante » et lancinante de Valentine.
« Il y a une véritable démarche de
groupe entre nous : chacun apporte quelque
chose de différent avec ses sensibilités
et influences propres »
, confie Valentine.
Et David de renchérir : « Notre complémentarité
musicale coule de source ! Tout
s’enchaîne naturellement lors des répétitions
ou concerts ! »
Au vu des facéties
entre Valentine et ses trois acolytes, cette
complicité dépasse même largement le
cadre musical et cela se ressent, évidemment,
sur scène où le groupe jouit d’un
vrai capital sympathie auprès du public.

Un groupe au goût du jour

Internet offre, aujourd’hui, de nouvelles
possibilités aux jeunes artistes de se faire
connaître et repérer. Les Valentine’s Day
l’ont bien compris en créant en novembre
2006 une page sur MySpace. « Internet
est le meilleur moyen de communication
pour un groupe, remarque Valentine. On
a des contacts, des fans de partout en
France et même à l’international. Cela
permet une médiation unique avec notre
public. D’ailleurs, la plupart des gens
qui viennent nous voir en concert ne
nous connaissent que par le biais de
MySpace ! »
Avec une moyenne de 300 visites
par jour, 800 en période de forte actualité,
le quatuor lillois fait même partie des
meilleurs écoutes MySpace France ! Sorti
en octobre 2007, le CD 6 titres du groupe
peut être acheté par correspondance, via
le site. Vendu le plus souvent après les
concerts, il est également présent dans
les bacs des Furet du Nord et au Temple
du disque à Marcq-en-Baroeul. En se
produisant, notamment, dans des salles
lilloises comme le Biplan ou L’Antre 2
mais également sur des scènes parisiennes
telles que la Bellevilloise ou la Flèche
d’Or, le groupe commence à faire pas mal
de bruit autour de lui ! Et à séduire aussi
en se faisant remarquer, entre autres, aux
Tremplins « Tour de chauffe », « Talents du
Sud » ou « Keolis ». Signe de sa notoriété
en devenir, la bande des quatre a été choisie
par la Ville de Lille pour représenter la
métropole lors d’un concert à Oujda, la
ville marocaine jumelée à la capitale des
Flandres. Les projets du groupe ? La sortie
d’un album en 2009. « Mais avant ça, on
veut faire un maximum de représentations
dans toute la France
, reconnaît Ludovic,
car les maisons de disque attendent un
“buzz ” avant de sortir quoi que ce soit. À
nous donc de montrer qu’il y a un public
qui nous suit et que ça marche ! »
D’ici là,
les Valentine’s Day continueront assurément
à enflammer les coeurs !


Par Pierre Leduc (Lille Magazine n°50,
juin 2008)

Article - Exposition "Gisants" d'Edouard Trémeau

Un article sur une exposition de tableaux "Gisants" du peintre lillois, Edouard Trémeau, à la chapelle de l’Hospice Comtesse (Lille - avril 2008).


« Gisants » de Trémeau : l’horizon mortel de l’Homme


À travers dix autoportraits couchés, le peintre lillois
nous incite à infléchir notre regard sur la « fin »
de l’autre. Aux frontières de l’intime, l’oeuvre de
Trémeau offre au public une réflexion personnalisée et
personnalisable sur la notion de mort. À corps perdu.


Avec la chapelle de l’Hospice
Comtesse, Édouard Trémeau ne
pouvait rêver de meilleur lieu d’exposition
pour ses « Gisants ». L’artiste concède
lui-même que sa dizaine de toiles « ne
pouvaient être dans un autre lieu que
celui-là »
. En l’occurrence, on peut même
parler d’une véritable rencontre entre une
oeuvre et un lieu dans une atmosphère si
ce n’est religieuse, du moins spirituelle.
Dans cet endroit sacré, le Gisant nous
donne à réfléchir, à méditer sur la vie, la
mort, la résurrection.
Le Gisant est ce corps allongé méditant sur
un état intermédiaire entre le sommeil et
la mort. C’est un thème qui a été peint
dès le Moyen Âge. En « peintre d’idées »
qu’il est, Édouard Trémeau revisite, de
manière originale, ce classique artistique.
Fragmentés, de face ou de profil, ses propres
gisants sont déclinés sous différents
angles, multipliant ainsi les possibilités
d’interprétation, car « chaque toile a sa
globalité propre »
, selon l’artiste.

« Gisant » :
reflet de la mort ?


Avec ses autoportraits, Trémeau devient
son propre sujet de représentation. Tel un
miroir, ses toiles ont comme un effet réfléchissant
sur ce qu’il est ou sur ce qu’il est
devenu à ce stade de sa vie. Alain Tapié,
directeur du Musée de l’Hospice Comtesse
souligne, à cet effet, que « les grands
autoportraits parlent toujours d’une figure
fondamentale, ici celle du gisant. La fonction
première des peintures de Trémeau
est de nous donner à réfléchir car chacun
peut s’imaginer prendre la place de cette
figure en méditation »
.
Si la froideur minérale et l’emploi de
lumières sombres donnent un aspect
mortuaire aux tableaux, l’abandon du
mouvement permet, paradoxalement, de
redonner vitalité à la chair et au corps.
« De l’exposition de ces masses corporelles
impassibles et plus ou moins nues se
dégage un esprit à la fois de continuité
et de permanence »
, conclut Alain Tapié.
Bref, les « Gisants » de Trémeau peuvent
être considérés comme une allégorie de
la mort. Ou de la vie.

Loi des séries

Les « Gisants » d’Édouard Trémeau s’apprécient
en fonction des tableaux précédents
de l’artiste. Son oeuvre se construit
autour de séries : celles des otages, des
murs, des rhinocéros… Dans le travail de
Trémeau, l’histoire a un rôle perpétuel
et incontournable : histoire personnelle,
grande Histoire ou encore histoire de l’art.
Ainsi, on remarque que la représentation
de la « fin » de l’autre est un sujet récurrent
dans ses peintures.
Et puis, fin 2005 sonna comme un déclic :
« Je me suis réveillé un matin en me
disant : “Zut, l’an prochain, j’ai un an de
plus !”
, confie le peintre lillois. Il était
temps pour moi de traduire sur toiles,
l’homme, celui que j’étais, en l’état de son
âge. »
De là, l’idée de faire un « état des
lieux » germa : ce corps debout de 70 ans
fut peint, déjà sous forme d’autoportraits,
en deux triptyques. Puis, « l’animal vertical
qui se regardait devint un être horizontal »
,
assurant une suite architecturale de
la prostration du corps de l’artiste.
Dans « Gisants », c’est un homme debout
qui représente un être à l’horizon de sa
vie. Mais y aura-t-il une suite à cette série,
un ultime « face à face avec la peinture » ?
Mystère…


Par Pierre Leduc (Lille Magazine,
avril 2008)

Article - Ateliers "Amphi-Art" (Parc Zoologique de Lille)

Après quelques interviews, voici une série d'articles "généralistes" que j'ai écrits pour Lille Magazine et Senior Actualités (supplément).
En l'occurrence, voici un article pédago-écologique sur l'année de la Grenouille au Parc Zoologique de Lille !



Ateliers Amphi-art : « coâ » de
mieux pour découvrir la grenouille !



Dans le cadre de l’année de la grenouille au Parc Zoologique de Lille, des ateliers « Amphi-art » ont été mis en place, gratuitement, pour les enfants, à partir de 4 ans. Jusqu’au 31 août prochain, ils auront pour but d’éveiller les plus jeunes au monde des amphibiens et de les sensibiliser à leur menace d’extinction.

Mercredi 13 février, 10 heures : c’est
une petite dizaine de bambins, entre
4 et 6 ans, qui arrivent, pleins d’enthousiasme,
au Parc zoologique pour assister,
une heure et demie durant, à un atelier
thématique sur les amphibiens. Au programme
du jour, la fabrication d’un pensebête
en forme de grenouille !
Regroupés autour d’une table, les enfants
écoutent attentivement Nicolas Dekeyser,
animateur au zoo de Lille. Avant de les guider
dans leurs travaux pratiques, Nicolas
débute son intervention en leur exposant
des images d’amphibiens. Et quand il teste
la distinction visuelle entre un crapaud et
une grenouille, la bonne réponse ne se fait
pas attendre : « C’est un crapaud !, s’écrie
Maël-Ismaël. Parce qu’il a des boutons ! »

Effectivement, la grenouille se démarque,
elle, par sa peau lisse. Sans rentrer dans
les détails, Nicolas explique, ensuite, à son
très jeune public la menace de disparition
qui pèse sur nos amies les grenouilles en
usant d’une métaphore : « Les grenouilles
meurent car elles n’ont plus de maisons. »

Et Elisamel, 4 ans, de réagir : « Il y a des
méchants qui tuent les grenouilles… »
Les
« méchants », Elisamel ne peut pas encore
le savoir, ce sont surtout les pesticides et
la pollution ambiante qui aboutissent à la
perte et à la dégradation des habitats des
grenouilles en zones humides. Ou encore
le champignon chytride, vecteur de maladie
mortelle pour des centaines d’espèces
d’amphibiens.

Les Amphi-art,
c’est (amphi)bien !


Puis vient très vite le temps de la réalisation
du pense-bête, ce « livre où on peut
écrire des choses dedans pour s’en souvenir »
,
comme l’explique Antoine, 6 ans.
Dans une ambiance bon enfant, les petits
s’en donnent à coeur joie : découpage,
coloriage, collage, assemblage… et voilà,
tous ont leur pense-bête en forme de
grenouille !
Au détour d’une conversation, en plein
ouvrage, Amézia confie : « J’ai déjà vu une
grenouille en vrai. Elle était dans mon jar-
jardin, mon papa a pris une épuisette et on
l’a remise dans l’eau ! »
Un comportement
écologique déjà intégré dans l’esprit de
cette fillette de 6 ans !
À peine le pense-bête terminé qu’il est
déjà temps de repartir avec les parents,
tout heureux d’avoir pu laisser leurs progénitures
s’activer dans un atelier à la
fois ludique et pédagogique. Certains
reviendront dès le lendemain, profitant
d’une offre d’activités plus dense en
période de vacances scolaires. « Les
demandes d’inscription à ce type d’atelier
sont de plus en plus fortes »
, constate
Thierry Dumoulin, responsable Animation
du Parc zoologique. On bénéficie,
sans doute, de la montée de l’intérêt des
questions environnementales dans la
société. Alors, mieux vaut commencer la
sensibilisation dès le plus jeune âge ! »

Avec leurs ateliers Amphi-art, le zoo lillois
a de « coâ » éveiller les enfants à la
nature et à la préservation des espèces
d’amphibiens.

Par Pierre Leduc (Lille Magazine n°48,
Avril 2008)

Interview de Bertrand de Talhouët (ex-Pdg de La Redoute)

Ayant particulièrement suivi l'édition 2008 des Transphotographiques, j'ai eu l'occasion d'interviewer Bertrand de Talhouët, Président du festival. A l'époque, il était encore Pdg du groupe La Redoute. Le thème 2008 des Transphotos, la Mode, lui était donc quelque peu familier...



« Le festival est un hommage
à la reconversion de l’industrie
textile régionale. »



Bertrand de Talhouët assure, depuis quatre éditions, la
présidence du festival des Transphotographiques. Rencontre.

Lille Magazine : Pourquoi vous êtesvous
engagé dans ce festival ?

Bertrand de Talhouët : C’est à la suite
de ma rencontre, en 2005, avec Olivier
Spillebout, directeur de La Maison de
la Photographie, que j’ai accepté la
présidence des Transphotographiques.
Sensible à l’art photographique, l’esprit
« authentique » du festival m’a, de suite,
séduit par sa dimension transfrontalière,
qui permet les croisements culturels, et
par sa politique culturelle ambitieuse
visant à rendre accessible la photographie
au plus grand nombre. Ma modeste
participation consiste à faire en sorte que
le festival continue à grandir année après
année en développant, notamment, les
partenariats.


Lille Magazine : Le thème 2008 doit susciter
en vous un intérêt particulier ?

Bertrand de Talhouët : Bien entendu !
Ce qui est intéressant dans les « Transphoto»,
c’est de pouvoir associer des
thèmes transversaux : après le territoire
et le cinéma, le festival propose un regard
croisé sur la mode et la photographie. En
tant que médium éminemment contemporain,
la photo fixe des arrêts sur image de l’univers,
par nature éphémère, de la mode, ce qui
permet de créer des projections ou de
raconter des histoires.


Lille Magazine : Qu’en est-il de la programmation
cette année ?

Bertrand de Talhouët : À l’instar de l’édition
2007, on a décidé de renouveler le
« multi-commissariat » qui assure un plateau
large d’artistes et d’approches dans
les liens entre « Mode&Photographie »
à travers une quarantaine d‘expositions.
En 2008, les « Transphoto » ont encore
la primeur nationale de certaines expositions
comme « Rétrospective » de
Daniel Seidner accueillie au Palais des
Beaux-Arts ou « One Man Shown » de
Karl Lagerfeld au Tri Postal. Par ailleurs,
le festival bénéficie, cette année, du
partenariat extraordinaire du magazine
PHOTO, magazine de référence distribué
dans 70 pays. C’est à notre capacité à
faire venir les plus grands artistes et à
intéresser les plus grands magazines que
se perçoit la reconnaissance des
Transphotographiques.


Lille Magazine : Comment ce festival de
dimension européenne s’inscrit-il dans
notre région ?

Bertrand de Talhouët : À mon sens, les
« Transphoto » viennent amplifier le
renouveau culturel de Lille et de la région.
À côté des grands événements qu’ont été
Lille 2004 et Lille 3000, il était important
de poursuivre la montée en puissance du
festival dont les thématiques traversent
chaque année, de mai à juin, l’ensemble
de notre territoire, colorant ainsi la vie
culturelle régionale. En outre, cette
année, le choix de thématique permet
de revitaliser l’histoire du Nord - Pasde-
Calais, terre de textile. En accueillant
des expositions dans des lieux tels que
la Condition Publique, ancienne usine de
conditionnement de laine ou la Maison de
Mode de Lille, le festival offre, de la sorte,
un vibrant hommage à la reconversion de
l’industrie textile régionale.


Propos recueillis par Pierre Leduc (Lille Magazine n° 49,
mai 2008)

vendredi 12 mars 2010

Interview d'Yves Boisset

Voilà un de mes papiers préférés : l'interview d'Yves Boisset. En juillet 2008, le célèbre cinéaste était en plein tournage de L'Affaire Salengro à Lille. Il a accepté un entretien d'une bonne heure avec le petit journaliste stagiaire que j'étais. Si l'interview m'a marqué par la richesse des réponses du réalisateur de Dupont Lajoie, c'est aussi la simplicité et la gentillesse de ce dernier qui m'ont plu. Un vrai bon moment journalistique ! Avec en prime, le passage furtif de Jean-Claude Dreyfus (qui jouait le rôle d'Henri Béraud dans le téléfilm) au moment de l'interview !
J'avais une version longue de cette interview qui avait été, à l'époque, mise en ligne sur le site de la Ville de Lille mais pas moyen de remettre la "main" dessus... C'est donc la version "courte" que je poste ici !



« Les mots tuent plus
sûrement que les balles ! »



Entre deux journées de tournage,
Yves Boisset a accepté de répondre
aux questions de « Lille Magazine ».
Entretien exclusif avec le cinéaste engagé.


Lille Magazine : D’où vous est venue
l’idée de faire un téléfilm sur Roger
Salengro ?

Yves Boisset : Après avoir fait une enquête
sur le suicide de Pierre Bérégovoy, je me suis
remémoré l’histoire de Roger Salengro, qui
présente beaucoup de points communs avec
celle de l’ancien Premier ministre. Et puis il
y a là un sacré héritage dans la mesure où
Salengro est l’homme de la semaine des
40 heures, des congés payés ou de l’ancêtre
de la Sécurité sociale, avec l’invention de
« la santé pour tous ». Aussi, et c’est très
peu connu, 1,2 million de personnes sont
venues de toute la France pour assister à
son enterrement à Lille ! De toute l’histoire
de France, c’est l’enterrement où il y a eu le
plus de monde, preuve de la réelle ferveur
qu’il a suscitée. Et, de nos jours, paradoxalement,
il y a une certaine injustice car il a
été relativement oublié et son histoire est
étrangement méconnue.


Lille Magazine : Comment vous y êtes-vous
pris pour la réalisation de « Salengro, exécution
d’un ministre » ?

Y.B. : Comme dans tous mes films historiques,
tout est basé sur une enquête très
sérieuse. J’ai lu tout ce qui est possible de
lire sur Salengro, écouté quelques témoignages
authentiques sur sa vie et même
parcouru des rapports de police ! Chaque
scène du film tournée a réellement existé. En
revanche, ce que les gens ont raconté, ça on
peut l’imaginer ! En fait, on peut qualifier ce
téléfilm de fiction sociale aussi proche que
possible de la réalité.


Lille Magazine : Il y a également une part
de psychologie, de fragilité dans l’histoire
de Salengro ?

Y.B. : Oui, toutes les infos que j’ai pu
recueillir sur Salengro ont abouti à la même
conclusion : c’était indiscutablement un
homme honnête et intègre. Et les attaques
conjuguées de la presse d’extrême droite
et communiste sur sa prétendue désertion
l’ont tué. D’ailleurs, Le Populaire, journal
d’obédience socialiste, titrait le lendemain
de la mort de Salengro : « Ils l’ont tué ! »
La presse peut « massacrer » quelqu’un car
les mots tuent, parfois, plus sûrement que
les balles ! Le parallèle psychologique avec
Bérégovoy est ici saisissant car tous les deux
étaient issus d’un milieu modeste et ont très
mal vécu la calomnie… jusqu’à se suicider.


Lille Magazine : Pour interpréter Roger
Salengro, votre choix s’est porté sur Bernard-
Pierre Donnadieu…

Y.B. : Oui, c’est un acteur avec qui je m’entends
bien ! Et puis, il faut voir comment
Bernard-Pierre est habité par le personnage
de Roger Salengro ! C’est impressionnant,
j’ai rarement vu ça ! De jour en jour, il ressemble
de plus en plus à Salengro, même
physiquement ! Ça, c’est au moins une
qualité que j’ai, convaincre suffisamment
les acteurs pour que d’un coup, ils soient
vraiment habités par leur personnage.


Lille Magazine : L’histoire du film a-t-elle,
selon vous, des résonances avec des faits
actuels ?

Y.B. : Ah oui, c’est clair ! Par exemple, on a
tourné à Wallers au puits n° 4 de l’ancien
site minier. Sur les 200 figurants, il y avait
une bonne centaine d’anciens mineurs qui
ont vécu la fin des Houillères. On a filmé une
scène authentique, celle où Salengro vient
demander aux mineurs d’arrêter la grève
afin de sauver le Front populaire. C’était
extraordinaire parce que d’un coup, c’est
devenu une sorte de cinéma vérité où les
préoccupations actuelles étaient en cause.
Les types avaient perdu le texte de la scène
et parlaient comme s’ils défendaient leur
« bifteck » d’aujourd’hui !


Propos recueillis par Pierre Leduc (Lille Magazine n° 51,
août 2008)

jeudi 11 mars 2010

Interview de Karl Lagerfeld

J'ai effectué mon stage de fin d'études à la Mairie de Lille en qualité de journaliste pour le mensuel Lille Magazine. En 6 mois, j'ai eu l'occasion de faire des rencontres étonnantes et d'écrire des papiers intéressants.

L'une des rencontres les plus marquantes restera sans aucun doute celle avec le styliste Karl Lagerfeld. Ce dernier s'était spécialement déplacé dans la capitale des Flandres lors du vernissage, au Tri Postal, de sa propre exposition "One Man Shown", une exposition qui s'intégrait dans le cadre du Festival des Transphotographiques.
J'ai eu droit à 5 minutes d'interview avec cette vedette de la mode ! En voici le rendu !



Karl Lagerfeld
en guest star des Transphotos


Le 12 juin dernier, Lille a accueilli Karl Lagerfeld,
styliste, couturier et photographe de mode, lors
du vernissage de son exposition « One Man Shown »
au Tri Postal. « Lille magazine » l’a rencontré. Entretien exclusif.


Lille magazine : Comment le
grand couturier que vous êtes
est-il passé à la photographie ?

Karl Lagerfeld : C’est suite à une
anecdote, il y a de ça vingt et un ans,
concernant un catalogue de promotion
d’une collection Chanel que je me
suis lancé à proprement parler dans
la photographie de mode. À l’époque,
après avoir rejeté les propositions de
trois photographes, dont le résultat
ne me satisfaisait pas, on m’a dit :
« Pourquoi vous ne les faites pas vous-même ? »
Et c’est comme ça que j’ai
démarré ! Depuis 1987, j’ai constitué
une équipe de cinq à six personnes qui
travaillent à mes côtés sur toutes les
campagnes de publicité Chanel. Par
ailleurs, d’autres grandes marques,
notamment de couture comme par
exemple Christian Dior, font souvent
appel à mes talents de photographe
pour leurs publicités.


Lille magazine : Si vous deviez présenter
« One Man Shown » en quelques
mots, que diriez-vous ?

K.L. : Cette exposition est le résultat
d’un travail de cinq ans durant lesquels
j’ai suivi l’évolution d’une seule
et même personne, celle du mannequin
américain Brad Kroenig. À travers
des centaines de clichés en noir et
blanc, j’ai fait poser Brad dans toutes
les positions, tantôt en héros mythique
ou moderne, tantôt en Américain
moyen. Mon but était d‘imaginer toutes
les transformations que peut subir
un jeune homme entre la 23e et 28e
année de son existence. Ces années
qui marquent les plus beaux moments
de la jeunesse et qui ne reviennent
jamais…


Lille magazine : Après Berlin, votre
exposition s’affiche à Lille. Connaissiez-
vous la capitale des Flandres ?

K.L. : Non, c’est la première fois que
je me déplace ici ! Je ne connais donc
pas bien la ville et la région du Nord.
Néanmoins, j’ai travaillé par le passé
pour une famille de Tourcoing, je ne
suis donc pas complètement étranger
à l’histoire de ce territoire et à
son rapport au textile. Il y a certains
points communs avec la ville de Berlin
car, là-bas, mes photos étaient aussi
exposées dans un ancien tri postal !
De plus, comme pour la capitale allemande,
on retrouve à Lille le thème
principal de mon exposition, celui
des métamorphoses qui traversent
le temps. Et l’évolution, les changements,
sont les seules choses qui permettent
de survivre et d’échapper à ce
que tout s’arrête subitement…


Propos recueillis par Pierre Leduc (Lille Magazine n°50, juin 2008)